Les tirailleurs, la force noire de la république

Le tirailleur

Je me décide enfin à écrire cet article parce qu’enfin, qu’après de long mois de doutes, je comprends qu’il n’y aura pour moi ni bonne, ni mauvaise façon de raconter les tirailleurs sénégalais. On l’écrit et c’est tout. Je crois que je me pose beaucoup trop de question pour un jour débuter la rédaction de cet article. Alors, autant faire simple et le rédiger tout simplement. Mais qui sont les tirailleurs  ?

Malgré le recul, la distance et le regard impartial avec lequel j’approche la lecture, de ces divers textes, je ne peux que réellement constater qu’aujourd’hui encore est regardé l’appartenance au corps des tirailleurs, laisse penser que le travail de mémoire des historiens n  ‘a pas toujours été fait pour corriger le regard porté sur le tirailleur. Au fil du temps, tout de même, le constat est amère. La réputation du tirailleur se base réellement sur les préjugés raciaux du colon ou de l’armée au moment où il les recrutent. «  Il est impossible de faire deux fois, une première bonne impression  ». C’est vrai. Cet état de fait ci qui a la dent dure. Parce que, bien qu’une formation pour les officiers «  indigènes «   se crée, les faits d’armes et la bravoure ou encore l’esprit chevaleresque du soldat entraîné et bien formé ne cède cependant pas la place aux préjugés déjà connus et associés à leur personne.

Bref, une certitude, le tirailleur ne s’est pas encore, suffisamment détaché des «  qualités  » qui lui ont été attribuées en tant que soldat de l  ’empire. Pour comprendre, je me demande comment, concrètement, il se construit au sein de l’empire. Mais surtout comment l’empire le voit, lui est-il reconnaissant? Après des décennies passées au service de la France, quelles conclusions peut-on tirer de ces lectures?

Au commencement….. les origines du tirailleur

Les tirailleurs naissent en 1857 et disparaissent avec les indépendances dans les années 1960. Ils restent 100 ans au service de la France. Les tirailleurs sont crées, par décret impérial de Napoléon III. Ce sont de bons soldats. Faidherbe Louis, gouverneur du Sénégal en 1854 est pour l’enrollement des locaux comme soldats. Il est utile de préciser que, la France construit son premier comptoir commercial en 1626  , période pendant laquelle des français de Dieppe et de Rouen s’installent à l’embouchure du fleuve Sénégal. Le commerce et la compagnie normande Rezéee, leur employeur, les y a menés, Louis XIV fait installer sur les côtes sénégalaises depuis 1659 un comptoir. C’est là la première colonie de France en Afrique. C’est une période propice aux échanges commerciaux entre l’Europe et les colonies d’Afrique et dans le nouveau monde. Une époque, comme nous nous en doutons, où le commerce le plus lucratif était la traite négrière. Nous pouvons donc affirmer, sans trop nous mouiller que la France y a pratiqué le commerce triangulaire. Elle se sert déjà des autochtones dans ses bateaux comme marins. La France estime donc que cette nouvelle armée est capable de venir en renfort à la France dans ses conquêtes pour de nouveaux territoires. Les tirailleurs seront présents aux côtés de la France par exemple, lorsqu’elle attaquera les chefs de guerre tels El Hadj Omar ou encore Samory Touré. C’est pour la France, une longue, très très longue présence sur le sol sénégalais.

Mais revenons-en à notre définition du tirailleur. Concrètement, qu’est-ce qu’un tirailleur? … Comment est définit l’expression dans la langue française? En 1578 le terme tirailleur, a pour sens, celui qui tiraille quelque chose. La langue française évolue, la définition du mot aussi. C’est ainsi qu’en 1740 le tirailleur devient celui qui tire ailleurs ou qui tire mal et enfin, en 1836, c’est un soldat isolé. La seconde définition sera adoptée par l’armée française parce qu’effectivement, les soldats tirent mal, leurs cibles ne sont pas atteintes. C’est vraiment parce qu’ILS TIRENT AILLEURS, qu’ils deviennent les tirailleurs. Pour résumer, le tirailleur est l’indigène que le colon veut transformer en soldat. Il est malgache, d’Afrique subsaharienne, indochinois, algérien ou marocain. Les premiers tirailleurs sont d’origine Algérienne (1836). Il est «  officiellement  » sénégalais parce que c’est la nationalité la mieux représentée parmi les locaux. Bref, ils étaient les plus nombreux. Partant du principe que le tirailleur arrive d’un peu partout en Afrique, Des pays de l’AOF ( Afrique Occidentale Française ) la Mauritanie, le Sénégal, le Soudan français (le Mali), la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Niger, la Haute-Volta (Le Burkina Faso) et le Dahomey (Le Bénin), et de l’AEF (Afrique Equatoriale française  ), C’est aussi le nom donné au gouvernement général créé en 1910 qui regroupait en une fédération les quatre territoires français de l’Afrique équatoriale: le Gabon, le Moyen-Congo (aujourd’hui Congo-Brazzaville), l’Oubangui-Chari (aujourd’hui Centrafrique) et le Tchad.

Pour être dispensé de combattre les ennemis de la France. Certains se ruaient vers les pays anglophones pour s’y refuger. Les autres se faisaient exempter pour inaptitude au combat. Des cas rares tout de même. Si la solde ne suffisait pas à amadouer le futur soldat, la naturalisation y parviendra peut-être. Comme une carotte, elle leur était proposée. Ils ont aussi été pendant cette période les plus à même à apporter des solutions liées à la pénurie de recrues. Les chefs du village, qui eux intervenaient soient par la négociation, soit par la force. Les soldats de l’empire, une force, un réservoir d’hommes dans lequel la France pouvait venir piocher à l’envie…. Selon le général des armées Charles Mangin (1910)   »

On constate tout de même que sur le terrain, ce n’est pas toujours aussi simple.

La force noire a un autre souci important, la compréhension de la langue française. Les soldats français, afin de rendre les échanges avec les nouvelles recrues plus fluides, sont obligés de transmettre leurs ordres en construisant des phrases courtes et simples. En 1904, Maurice Delafosse, administrateur colonial et linguiste, publie la première description linguistique du “petit-nègre”, qu’il qualifie également de “français tirailleur”, le français dit «&nbs p;petit nègre  » devient le langage du tirailleurs sénégalais et celui des indigènes des colonies. En effet, les tirailleurs sont pour la plupart analphabètes. Il est dit que ce français réduit à sa forme la plus élémentaire est destiné aux hommes et aux femmes à qui la France ne veut pas offrir de nationalité française. Parait-il…

Pour former des soldats, la compréhension de la langue est essentielle. Le bambara se fait «  langue  » officielle des tirailleurs. Elle est parlée au Mali, en côte d’ivoire, au Burkina Faso, en Guinee, en Gambie. Le bambara parce que le dialogue entre eux s’avère difficile compte tenu du nombre de nationalités différentes présentent au sein de chaque régiment. Le bambara fédère, la langue est parlée dans pratiquement tous les pays d’Afrique de l’Ouest.

Alors imaginez un peu ceci. Une formation militaire sommaire. Une compréhension des ordres limitée. Quel bilan est-il possible de tirer d’individus mener dans un pays étranger, avec en plus les températures que l’on connait…. C’est mener ces hommes à la mort…. C’était de la chair à Les tirailleurs. Juste pour la première guerre mondiale. En 1915  ? Les dégats étaient tellement importants en matière de pertes humaines, qu’il a fallu trouver une alternative pour au moins préserver les vivants.. Le climat, le froid les engelures. Leur incapacité à ne serait-ce que tenir leurs armes par temps de grand froid.. Le député Ndiaye aurait parait-il contribué à valider cet état de fait. L’hivernage.

L’hivernage

Les tirailleurs participent pour la première fois, aux côtés de la France à des campagnes importantes et les voilà alliés africains de la France contre l’empire Ottoman, à verdun et durant la bataille de la somme. Ce sont de longues et difficiles batailles  . Il y a là, trop de morts. Entre les maladies liées au froid et la connaissance sommaire des armes, peu entraînés au maniement des armes, les tirailleurs subissent de lourdes pertes. Le froid ne les aide pas. Entre engelures et pneumonies, ils subissent et vivent l’hiver moins bien que leur congénères occidentaux. Une solution est mise en place pour éviter les pertes en vies humaines. L’hivernage, une solution demandée par le député Diagne afin de réduire les pertes subies dans les rangs des tirailleurs. Décision prise par la hierarchie, dès 1915. Cette décision est sans doute la seule prise avec sagesse et discernement pour préserver la vie de tous ces tirailleurs. Si l’on pense par exemple qu’entre Décembre 1916 et Avril 1917, 1200 hommes, meurent d’une pneumonie. Les soldats africains étaient envoyés de Novembre à Mars, dans le sud de la France ou au Maroc. Cet arrangement était une occasion pour les soldats de profiter d’un privilège que l’armée ne leur octroyait pas, celui d’une permission tous les quatre mois comme tout le reste des soldats français. Il y reçoivent une formation en arme et apprennent le français. Cette façon de procéder diminue drastiquement les pertes en hommes chez les tirailleurs. Les premiers camps sont construits à la hâte. Le premier hivernage est un camp monté à la hâte du mois de Novembre 1914 au mois d’Avril 1915. Le confort des camps d’hivernage viendra ensuite.

Bien que sous estimés, les soldats africains sont les bienvenus en France. Elle a besoin de construire une image du tirailleur différente et y met du sien. La propagande est en marche, le tirailleur sera…

Et enfin Frejus une ville qui a «  chouchouté  » ses tirailleurs. Il fallait les tenir occupés pendant cette période sans combats. Ils ne devaient surtout pas aller s’en prendre aux femmes blanches, ni traîner dans des bars, ni aller voir des prostituées. Il état important de bannir oisiveté et ennui de leur quotidien. Pour que le temps ne leur semble pas trop long, il a fallu les tenir occupés. La ville est allée jusqu’à leur construire un sanctuaire bouddhiste et une mosquée, copie conforme de la mosquée de la ville de Djenne. La ville tenait au bien être de ses tirailleurs. Elle a fait ce qu’il fallait pour qu’ils s’y sentent bien.

On fait la guerre oui, mais comme des gentlemen.

Quand la France établit son premier port de commerce à l’embouchure du Sénégal, c’est en 1657. Elle emploi déjà des locaux comme marins. Il est parait-il, plaisant de travailler avec eux. Ils ont la force et ils sont doués en tant que marin. Une raison de plus qui C’est sans doute pour cette raison qu’il n’a pas été difficile de convaincre les autorités du bien fondé de leur mission et de leur choix quand il a fallu constituer une armée. Le tirailleur est un fantassin. Il est fait, le meilleur usage de sa force dans des batailles au corps à corps. Puisque sont privilégiées ici, les armes légères telles des machettes et fusils. Il marche, n’a pas peur d’être confronté aux armées adverses alors même qu’il n’a ni réelle formation militaire et doit en plus les affronter avec des armes parfois trop peu. Et pourtant, c’est encore grâce ou à cause de coupe coupe d’environ 40cm qu’il entrera dans l’histoire, celle des allemands du moins, comme étant un homme cruel, sauvage et un adepte des gris gris. Les allemands sont choqués de ne pas avoir affaire à des gentlemen, comme l’entend la convention de LA HAYE  *. Les conventions de La Haye constituent le droit de la guerre au sens strict du terme, c’est-à-dire l’ensemble des règles que doivent observer les belligérants dans la conduite des hostilités. Les allemands prennent exemple sur le coupe coupe, qui au lieu d’aider à frayer un chemin dans la forêt aurait servi à découper les gorges et les oreilles ennemies. Discours contraire à celui que la France elle essaye de faire passer à ses populations. Elle entend bien faire accepter l’armée coloniale comme étant celle qui sauvera la France de son infériorité numérique face aux allemands. La contradiction que l’on retrouve ici c’est le discours de propagande.

L’armée coloniale doit se faire accepter en France. La propagande passe par cet homme noir rassurant, et souriant sur les paquets de chocolat « banania » qui dit: Y a bon banania. Les affiches ou des caricatures dans les journaux, mais toujours, le tirailleur est souriant et sympa. Le même éffort n’a pas été fournit pour le faire aimer de ses congénères sur le continent africain. Précisons tout de même qu’il s’est aussi battu en Afrique d’abord. Contre des africains. Les tirailleurs accompagnent l’armée française dans les luttes contre rebelles et farouches opposants à la présence française en terres africaines. Que penser du fait que les tirailleurs combattent Samory Touré et les amazones du Bénin. Ces figures emblématiques de la résistance et la lutte anti-coloniale ont du se défendre contre « les attaques d’une armée française accompagnée de soldats africains ».

Bref, les allemands ne sont pas contents. Ils ne souhaitent pas mener une bataille, une guerre sur un territoire européen contre des africains. C’est une honte. Une nation civilisée ( Allemagne) Ne devrait en aucune façon lutter contre une nation de barbares (Tirailleurs). C’est inacceptable, c’est une honte pour la civilisation…. Le monde ne les a pas entendu. Ils se sont battus contre des africains sur le continent européen.

La France déclare la guerre à l’Allemagne le 03 Août 1914. C’est l’occasion pour elle, de recruter un nouveau contingent d’hommes. Normal, puisque l’Afrique reste le «  reservoir inépuisable  » d’hommes prêts à se battre pour la France. 8000 hommes sont débarqués dans le sud de la France avant d’être envoyés au front. Au fil du temps, le besoin en homme grandit, mais le recrutement n’est pas toujours aisé. Les locaux refusent de s’engager, le réservoir inépuisable d’hommes est parfois réfractaire à l’idée d’intégrer les rangs de l’armée française. Pour remettre les choses dans leur contexte. Pourquoi le tirailleur s’engage t-il  ? D’abord par conviction ( il y en a qui pensent que c’est parce que nous partageons la même souffrance que nous pourrons ensuite partager les merveilleux moments que l’existence nous offrira ensuite), par devoir, pour la solde et la rente promises et enfin pour devenir français par naturalisation. Précision utile, pour les quatre communes françaises du Sénégal ( l‘île de Gorée, Dakar, Rufisque et Saint-Louis) où l’obtention de la nationalité était automatique.

Pour remplir ses quotas, la France se doit de négocier avec les chefs de tribus. Si la promesse d’un revenu régulier ne suffit pas à recruter, les chefs sont appelés à convaincre les hommes encore disponibles du bien fondé de leur mission au sein de l’armée des tirailleurs. Ici le soldat est soit un volontaire parce qu’il espère la nationalité française, un revenu mensuel, une pension. Soit il est choisit comme celui qui ira representer le village en France, c’est surtout chez les ivoiriens que sont repertoriés ces votes. Les personnalités qui comptaient dans les colonies étaient elles aussi mises à contribution pour inciter les autochtones à s’engager au sein de l’armée des tirailleurs. Le député Blaise Diagne par exemple est connu pour avoir été un fervent défenseur de LA cause. Il a motivé les plus récalcitrants. La France avait besoin de 50000 soldats, il leur en fournit 63000.

En 1914, les tirailleurs fournissent à la France 200000 hommes, 30000 ne reviendront jamais de la guerre. Pour ne pas faire partie de ceux qui ne reviennent pas, les indigènes mettent en place différentes stratégies d’évitement. L’inaptitude au combat en est une très appréciée. Le taux d’inaptitude pendant la guerre était de 77%. En 1933, le Soudan français, (actuel Mali) 73% des hommes en âge de s’engager, sont déclarés inaptes. Sinon, comme partout dans le monde, signifier très clairement son désaccord, c’est se révolter. La rumeur veut que la révolte du bani volta (haute volta, actuel Burkina faso) ait été provoquée par le refus des villageois d’intégrer les rangs de l’armée.. …. Non, c’est sans doute une version romantisée des événements par l’armée française. Mais le bani volta, c’est l’histoire d’une administration coloniale, qui refuse d’entendre l’indigène qui construit comme bâtiments, chemins de fer et autres infrasctructures lui dire son épuisement. L’objet de la révolte  : une femme. Une femme enceinte et prête à accoucher. Elle espère qu’il lui sera accordé du temps, un congé pour accoucher dans de bonnes conditions. Ce droit, celui de donner la vie en toute sécurité lui est refusé. Il arrive là ce qui devait arriver, elle perd son bébé. C’est monstrueux. La France vient de se mettre à dos une nation entière. Ce pays n’enverra aucun autre de ses enfants à la mort. Toutes les ethnies du pays qui vivent «  la civilisation du colon  » par les travaux forcés comprennent la souffrance, la colère, la rancoeur de cette femme. C’est de là que nait la revolte du bani volta. Cette injustice-ci aussi saura fédérer. Des peuples qui ne s’écoutaient plus, ne se parlaient plus…ensemble Marka, Bwa, Samo, Lela, Fulbe, Bobo, Tusia, Nuna. s’engagent à bouter les français hors du bani volta… Les principales ethnies du pays prêtent ensemble serment devant l’autel du culte de la terre Bona, lutter, mettre en commun leur forces pour faire déguerpir le colon. Ainsi débute la guerre. Ils avaient choisi comme stratégie, faire durer les sièges le plus longtemps possible. Le colon perd en munitions en hommes et en temps avant de se retrouver parfois, devant des villages entiers, vidés de ses habitants.

Et comme d’habitude, la nécessité de faire accepter le tirailleur par les populations est essentiel. Il est primordial que les français comprennent que le rôle qui leur est assigné est clair. Ils sont pacifistes, ils n’aiment pas la guerre. Mais il a ses raisons pour y être. Les photos et des campagnes montrant les hommes noirs avec femmes et enfants. Lui donnant un air des plus avenants et sympathiques.

Pour leurs détracteurs, leur réputation ne peut être préservée. Ils voient des prostituées et boivent de l’alcool et le risque de les voir s’en prendre à leurs filles ou épouses est grand…. leur réputation en a pris un coup. Il faut les distraire et les tenir occuper  : Ils s’adonnent aux jeux d’intérieur, (dames, cartes) ou au d’extérieur (pétanque, jeux de boules). La pratique de la religion est encouragée. Frejus qui est surnommée la capitale coloniale, construira rappelons-le, pour ses soldats coloniaux, une mosquée, réplique exacte de la mosquée de Djenne et un temple boudhiste.

Le tirailleur sénégalais, le front et la France

Lorsque la France fait valider en 1914 par ses alliés l’arrivée en sol européen de soldats africains, les allemands se sentent insultés dans leur fierté. Le sentiment de rejet de l’Allemagne nazie (30 Janvier 1933- 8 Mai 1945) est plus grand encore. Et pourtant, si l’on sait quels sont à l’époque les rêves de conquêtes allemands, on pourrait s’étonner qu’ils n’aient trouvé l’idée sympathique, sinon intéressante. L’Allemagne espère conquérir l’Europe. En attendant de concrétiser ce grand rêve, elle a besoin de territoire, d’espace. C’est l’application du concept de «  lebensraum ». Expérience déjà réalisée par les Allemands en Namibie. Pays où ils perpétuent le génocide des Hereros et des namas. Ils ont pratiquement exterminé ces deux populations sur leur propre territoire….

.Oui, en effet, les tirailleurs, dans leurs interactions, en occident, avec l’occident, auraient pu rendre curieux les allemands. Mais la hiérarchie allemande est hostile à cette nouvelle forme de gestion des hommes et des territoires. Elle le fait savoir très clairement.

Pour éviter que ces idées  » libérales » contaminent le reste de sa population, l’Allemagne interdit la détention des prisonniers africains sur son sol et au contact avec sa population. Elle construit à la place des Fronstalags, des camps destinés à détenir hors des territoires allemands, des prisonniers de guerre. Pendant la deuxième guerre mondiale, ils serviront pour les prisonniers de guerre coloniaux, directement sur les territoires français, où les tirailleurs prisonniers sont surveillés par des gardiens et soldats français.

Pour les tirailleurs dans les camps, c’est un sentiment de trahison, en fait ils ne comprennent pas, pour certains, la surveillance française. Dans des camps de prisonniers allemands…. Cela rajoute à la confusion qu’ils connaissaient déjà sur le champs de bataille.

La guerre est déclarée par la France à l’Allemagne le 3 Septembre 1939. Les allemands trouvent les tirailleurs terrifiants. Ils ne comprenaient pas cette humiliation qui leur était infligée par la France. Devoir se battre contre des soldats africains. Les tirailleurs sont parfois vus avec, accrochés à des colliers de gris gris, en guise de talisman, les oreilles coupées à la machette de leurs victimes. Des oreilles coupées? Des légendes qui terrifient littéralement les allemands. Les allemands, s’ils faisaient des prisonniers africains, ils leur réservaient, mauvais traitements et humiliations. Les traitant de sauvages, les frappant à coup de baillonettes et de boucles de ceinture, ne leur donnant parfois, ni à manger, ni à boire, des tirailleurs faits prisonniers mourraient de faim et de soif alors même que les gardiens étaient présents.

Afrique Occidentale Française et Afrique Equatoriale Française, produisent au moins 7 chefs d’etats Jean-Bédel Bokassa, Moussa Traoré, Léopold Sédar Senghor, Ahmed Ben Bella, Lansana Conté, Seyni Kountché et Félix Malloum. Je m’interroge quand je regarde les noms de cette liste. Pourquoi uniquement des dictateurs  ? Enfin, presque uniquement. C’est une courte vidéo de l’historien de nos réseaux « Histoires crépues » qui m’a apporté des réponses. A la fin de la seconde guerre mondiale. Les tirailleurs reviennent sur les terres africaines avec de belles idées révolutionnaires. C’est grâce à eux que la France a été libérée, Ils vont donc libérer l’Afrique de la présence française. C’est ainsi que débutent les luttes des indépendances. Ceux qui espèrent sortir du joug colonial vont lutter en évitant d’impliquer là encore les forces coloniales  ? Eloigner les tirailleurs leur semble plus prudent dans l’exercice de leur futur pouvoir. Le problème, c’est que les tirailleurs eux ne l’entendent pas de cette oreille, ils espèrent ce pouvoir là une fois leurs pays libérés de la présence française. Après le départ des français, ceux qui n’avaient pas réussi à se hisser au pouvoir ont juste attendu le coup d’état. On peut citer ici l’exemple du president togolais Eyadema et le centrafricain Bokassa.

Contrairement à certaines idées reçues, la France a bien formé ses tirailleurs officiers. Ils ne partageaient certes pas toujours les mêmes enseignements que l’armée régulière, mais ils étaient formés, comme des officiers, mêmes si indigènes. C’était une école de sous officiers indigènes. Comme dans les armées régulières, on est sergent, sergent-chef, adjudant, adjudant chef. Il faut 6 ans pour devenir sergent chef indigène. Après dix ans bons et loyaux services, dont quatre en tant que sous officier, on peut s’élever jusqu’à devenir adjudant ou adjudant chef indigène quelques années plus tard. L’ex président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor était aussi un agrégé de grammaire et un tirailleur sénégalais. Il a été fait prisonnier avant d’être évacué sanitaire en 1943. Peut-être pas tous, mais les tirailleurs, pour la plupart, après quelques années de service repartaient avec une bonne maîtrise de la langue française. A partir de 1943 les surveillants allemands sont remplacés par les soldats français dans les camps de travail forcé.

En Juin 1944, 30000 soldats sont libérés des camps. 2000 Soldats qui revendiquent leurs primes et soldes sont renvoyés en Afrique, au Sénégal, le départ est du Circacia qui doit partir du Finistère. Le jour dit, 315 soldats refusent de monter à son bord. L’arrivée du bateau est prévue à Dakar le 21 Novembre 1944. Le bateau pendant une des escales perd 400 soldats qui ne remontent pas dans le circacia. Ils sont 1200 repartir pour être envoyés à Thiaroye. Ils ont en moyenne 25 ans, ils viennent de passer 4 ans dans des camps de travail forcés, fait prisonniers par les allemands certes, mais surveillés par les français, la nation qu’ils sont venus aider. Ces jeunes hommes ont réclamé leur solde en France. Elle ne leur a pas était accordé. La promesse qui leur a été faite, retrouver tout ce que l’armée leur devait en Afrique. Le départ de l’occident de ces 2000 tirailleurs est causé par la peur de la hiérarchie de voir l’image de la France salit dans les colonies alors que les besoins en hommes étaient toujours aussi importants. Demander son dû ce n’est pas une révolution. L’incident prend de l’ampleur cependant. Voir cet incident prendre trop d’ampleur car les 500 soldats qui refusent de se rendre, l’acte est qualifié d’acte de rebelion.

Qui dit acte de rébellion dans l’armée, dit sanction. Le 1er Décembre 1944, un groupe de tirailleurs, rassemblés sur l’esplanade, où ils se seraient montrés insultants et agressifs. En plus de cela, un des officiers présents perds son arme. De peur de se laisser déborder par tous les tirailleurs présents, les voici, sous la pression que l’on puis aisement imaginer «  obligés  » d’intervenir. C’est ici que le lieutenant colonel LE BERRE ordonne de tirer. Les soldats français tirent sur leurs congénères tirailleurs à l’arme automatique. Ce matin de Décembre 1944, il est 9h30 du matin. Et c’est ainsi que l’armée justifie le sang de ses enfants qui coulent ce matin là.

….. Et voilà comment tout nos representants nous representent. Le général BOISBOISEL  : Il donne son accord au général DAGNAN pour une démonstration de force qui se terminera par le massacre que l’on connaît. «  C’est un coup de bistouri dans un abcès dangereux  » dit-il en parlant du massacre de thiaroye, Le général PERRIER  : «  C’est une opération chirurgicale indispensable  », Le colonel CARBILLET «….  a la conscience tranquille  », et enfin, le gouverneur général de l’AOF, COURNARIE, estime quant à lui que cet épisode, est une expérience regrettable, mais indispensable. Avec ce bilan  : 35 morts, 35 bléssés. 48 meneurs dont 34 jugés et condamnés. Certains écoperont d’une peine de prison de 10ans…. Pour avoir lutté pour la France et avoir demandé sa solde. Ce n’est qu’en Octobre 2012, après une visite du président Hollande à Dakar, que la France consent à ouvrir les dossiers et archives.

La circulaire n°2080 du 21 Octobre 1944 décrit le paiement de la solde des tirailleurs comme suit  :

¼ du montant dû, réglé en captivité, ¾ réglé dans sa totalité au moment du débarquement en Afrique.

Le commissaire national aux colonies Réné PLEVEN, confirme avoir adressé cette note au gouverneur de l’AOF par courrier le 31 Octobre 1944. Le 16 Novembre 1944, la version a quelque peu changé. Il est dit que, les soldats ont été payés «  entièrement  » avant le rapatriement vers le pays d’origine.

Le 04 Décembre 1944, un télégramme confirme le paiement des sommes dues dans leur totalité. Ce avant l’arrivée dans le pays d’origine. Une note sur le document indique que cette nouvelle mesure a déjà été appliquée au détachement parti de France le 5 Novembre 1944. Des dates, des circulaires, des notes de service. Mais toujours à, 0 paiements des soldes réclamées par les tirailleurs, un massacre qui fait 75 morts et des explications vaseuses sur le nombre de morts réel et les dispositions prises pour blanchir les soldats.

Pour comprendre les raisons de ce massacre, le ministère des colonies, diligente une enquête conduite par Louis MERAT. Celui-ci confirme le paiement de la solde, en FRANCE, de tous les ex-prisonniers de guerre allemands. Il rend son rapport d’enquête le 15 Mars 1945 à Dakar. Selon l’auteure Arielle MABON, il y a là une volonté claire de brouiller les pistes. Les dates de départ de métropole et d’arriver en Afrique ne correspondent pas à ce que rapportent les archives. Elle nous dit la non coopération des autorités françaises. Elle pointe du doigt toutes les malversations qui ont permis de faire perdurer cette injustice qui veut que la France ne reconnaissent pas qu’elle a eu un comportement déshumanisant envers ses tirailleurs. Ce que nous explique MABON  :

Que les soldats français tirent sur les soldats coloniaux à thiaroye et c’est prémédité. Que le silence des autorités ne rend pas justice aux morts. Que la France doit réparer.

D’après ce que l’on comprend jusqu’ici  : Des soldats africains se portent volontaires, sont choisi par leur village, enrollés de force, convaincu par un déjà français, le député Blaise DIAGNE d’aller en guerre se battre pour la France. Ils sont fait prisonniers dans des camps allemands, vivent brimades, privations et travail forcé. La discrimination. Les allemands font de la différence de couleur de peau un motif de ségrégation. Ils ne leurs servent pas la même quantité de repas. Vont même jusqu’à les en priver, des soldats africains morts de faim ils en ont. Ici la civilisation n’a pas dû passser par là, mais bon je ne sais pas ce que préconise les conventions de La Haye dans ces cas là.

Prenons juste cette période entre 1939 et 1940 avec 100.000 soldats recruté en Afrique Occidentale Française. Les ¾ des soldats sont envoyés en France, et 63000 d’entre eux viennent en renfort aux soldats déjà présents sur le front. 40000 prennent effectivement part aux combats. 10000 sont tués et le reste porté disparus. Ils combattent dans les régiments noirs (Régiments des Tirailleurs Sénégalais) et mixtes (Régiment d’Infanterie Coloniale Mixte Sénégalais) Le commandement dans ces deux unités est mixte. Bien qu’il reste majoritairement blanc et les quelques noirs présents sont, parait-il respectés. Lorsqu’ils sont envoyés au front. Ils sont terrifiants. Grenades à la main, coupe coupe de 40cm, des hurlements à faire frémir le plus téméraire des allemands…. Et ça marche. Ils font déguerpir les allemands à Beaumont et Stenay. Alors l’ennemi, quand il a l’occasion de mettre la main sur l’un des régiments de tirailleurs, je ne suis pas certaine que transmettre la civilisation occidentale soit sa priorité. Les soldats allemands tuent d’abord parce qu’ils ont peur des tirailleurs. Ils tuent à cause de la couleur de leur peau, par régiments entiers.

Ici par exemple, avec la ville d’AUBIGNY par exemple. Le 24eme RTS se saisit de la ville après de rudes combats. Malheureusement, une contre attaque allemande les remet hors course. Les allemands les repousse hors de la ville, ils assassinent tout simplement une cinquantaine de soldats africains. Les conventions de La Haye sont un peu passées à la trappe ici…Tout comme le capitaine N’TCHORERE du 53 eme RICMS assassiné d’une balle dans la nuque et 50 de ces hommes qui défendaient Airaines. Lorsque le colonel Amédée Fabre décrit les mauvais traitements infligés aux tirailleurs par les allemands voici ce que nous avons : Coups de baillonnette, frappés avec des boucles de ceinture, ne recevant ni à manger, ni à boire pendant des jours, des soldats noirs meurent de soif alors que les soldats allemands sont présents. Ils séparent les noirs et les blancs et fusillent les noirs. Comment différencier le combat du massacre dans ces cas là  ?Si nous prenons le cas de la 4eDIC certaines sources disent que le nombre total des morts serait 500 à 600 soldats. D’autres sources elles parlent de 150 à 200 tirailleurs exécutés après avoir été faits prisonniers. Les archives malheureusement ne nous confirme pas ces chiffres. Alors lorsque Paul CHOUARIERE interrogé par l’armée allemande sur l’intérêt pour la France de combattre aux côté de «sauvages et négriers  », l’entendre dire que c’est parce que ces soldats sont reconnaissants de s’être vu apporter la civilisation dans leurs contrées respectives. On s’indigne (rit) doucement…

Surtout lorsque l’on pense à Chasselaye, ces tirailleurs que l’on fait semblant de libérer après les avoir fait prisonniers. Les allemands leur demande de fuir avant de leur tirer dessus. C’est avec deux blindés qu’ils les achèvent. En roulant sur les corps. Les soldats blancs sont sauf. Savoir que ces tirailleurs avaient en fait été massacrés au point où les reconnaître devenait impossible. Pour certains massacre, les nazis faisaient en sorte de détruire les corps de façon à ce qu’ils soient à la fois méconnaissables et non identifiables. Mais tous les témoignages disent et racontent la même histoire. C’est une vision d’horreur certains champs de bataille. Les ordres sont donnés aux populations locales de ne pas fournir de sépulture aux soldats noirs tués, les allemands détruisent tout signe d’identification des tirailleurs. Mais parfois, l’humanité avait aussi son mot à dire. Clamecy, des corps abandonnés après une exécution. 5 jours plus tard, les habitants, décident de demander une autorisation d’inhumer. Ça marche, ils enterrent les corps abandonnés. Sinon, ils étaient privés de nourriture et certains médecins refusaient de les soigner…

Les conventions de la Haye en souffrance….

Les allemands, Hitler en particulier, n’aime pas l’idée du mélange des races et de la contagion raciale sur son sol. Pour cette raison que la détention des 70000 tirailleurs, les soldats coloniaux donc, se fait sur le sol français. C’est le Frontstalag. Ce sont des camps de prisonniers dotés de meilleures infrastructures. Surtout sur le plan de l’hygiène et l’alimentation. Pour la petite histoire, Senghor prisonnier dans un de ces Frontstalags est rapatrié sanitaire. Retourné en banlieue parisienne, il reprend ses cours. Les prisonniers musulmans ont droit à un lieu de prière et ceux qui travaillent reçoivent une indemnité journalière.

C’était le franc symbolique attribué à tous les prisonniers de guerre français. La solde pour cette période pouvait être d’environ 2758 frs, si l’on compte le franc sur 3 ou 4 ans entre 1939 et 1945. Pour certain, ce montant était encore beaucoup trop élevé pour des tirailleurs sénégalais qui avaient la réputation de mal gérer leur finances  ?!… De plus, deux des administrateurs français Le général COURNARIE et le général de BOISBOISSEL préfèrent des revenus moindre pour les soldats coloniaux. 1000 frs par exemple  ;; Et même… Ces soldats là ont-ils finalement perçu leur solde  ? Nazegue TUO, un tirailleur de côte d’Ivoire, qui réclame à la France ce qu’elle lui doit. De 1953 à 1955 en vain. Un autre fils, Celui de Souleymane DOUCOURE. Lorsqu’il saisit la Commission d’Accès aux Documents Administratifs afin d’obtenir la fiche de démobilisation de son père. On peut y lire la mention «  Fiches non établies  ». Pourquoi ces fiches là n’existent pas  ? Pas de fiches, pas de solde. Où sont passées les fiches  ? Pourquoi n’existent elles pas  ? M. Doucoure a été fait prisonnier. Il n’y a aucun doute là dessus. Alors pourquoi ne pas les avoir «  établies  » ces fiches  ? Combien d’autres soldats ayant servi la France se retrouvent dans des situations telles que celle-ci  ? Pour comprendre et obtenir des réponses plusieurs personnalités écrivent, parlent et questionnent. Les chiffres  : Les soldes versées  ? A qui quand  ? Le nombre de morts  ? Les chiffres officiels n’étant pas très cohérents  ? Les noms  ? Ceux des soldats rentrés au bercail et les survivants du massacre  ? Je pense que l’historienne Arielle MABON apporte une série d’informations sur le massacre de Thiaroye et met en lumière suffisament d’incohérances des pouvoirs public et de l’armée pour que l’on se pose les bonnes questions. Je vous conseille grandement de lire :

Diop avec Thiaroye terre rouge, Camp thiaroye par Ousmane Sembene et l’historien Mbaye Gueye. Les deux derniers parlent de 380 morts, et l’autre relève que 156 prisonniers de guerre manquent à l’appel, 1032 prisonniers de guerre sont retournés au bercail. Alain Mabanckou et Abdoulaye Waberi 400 soldats décédés. Ceci n’est qu’une partie des incohérences de ce que l’armée a appelé une insurrection. Ils réclamaient juste leur dû. Ce que l’armée leur devait. Cet argent qui revient à tout soldat qui sert sa patrie. En lieu et place ils rencontrent la mort. Thiaroye est une tuerie et pas une mutinerie. Où sont passés les morts  manquants? Où sont passés les 400 soldats disparus  ? De nombreux témoignages attestent de l’existance de fosses communes sur le terrain militaire de Thiaroye, pendant des années a servi de dépôt à ordure. Aujourdhui, après moult appel aux autorités, les ordures ne sont plus déversées sur les fosses communes. Mais les fosses communes ne nous ont toujours pas dit qui sont les morts  ? Les fosses communes doivent être clairement identifiées, des fouilles doivent être autorisées sur ce terrain militaire afin que des familles entières puissent comprendre pourquoi l’un des leurs est mort pour la France sans en avoir la reconnaissance.

80 années plus tard, les réponses aux questions que les familles et les historiens se posent ne trouvent toujours pas de réponses. Les fouilles archéologiques doivent se faire. Les archéologues doivent pourvoir déterrer, identifier c’est un devoir de mémoire Nécessaire. Avant que décèdent les derniers des tirailleurs. Avant que partent ceux qui ont consacré leur vies à rechercher la vérite

L’histoire de THIAROYE me fait juste comprendre comment des faits aussi graves n’ont trouvés écho chez le président français qu’en 2012 avec un François Hollande qui reconnaît reconnaît le massacre comme Comment cela se passe t-il  ? Où est passé la solde des soldats  ? Pourquoi les explications des autorités de l’armée française ne peuvent satisfaire certains historiens  ? Où et qui sont les morts ?

…. Les tirailleurs. Cent ans de service à la France.

1857-1960. Le tirailleur au service de la france. C’est le temps que les colonies ont laissés leurs fils servir l’empire Français. Le bilan est mitigé. Je ne suis pas certaine de comprendre tous les enjeux, mais ce que je sais. Je dont je suis certaine, c’est que ces personnes ont servi un Etat, une nation grande comme la France. Ce n’était pas pour finir sans reconnaissance, sans nom et sans sépulture.

Ce que je sais, c’est que c’est juste de leur offrir compensastion promise pour services rendus. Qu’après des victoires sur des champs de batailles, des régiments entiers soient blanchis pour les soldats coloniaux qui ont gagnés TOUTES ces batailles à la sueur de leur front ne fasse pas partie de la liesse générale…

Ce que je sais c’est que les caisses de l’état n’étaient pas disponibles pour compenser de jeunes hommes qui ont soufferts dans leurs chair dans des camps de tortures et sur le champs de bataille. Thiaroye c’est moins de deux mille soldes à verser. L’empire pouvait se le permettre.

Ce que je sais, c’est qu’une promesse est une dette. Vous promettez, faites. Vous leur avez promis la nationalité française. Donnez la leur.

Toutes ces petites choses qui font la grandeur d’une nation. France tenez à vos engagements avec les derniers des tirailleurs. Vous en sortirez grandit. La solde pour les familles qui continuent de se battre. La naturalisation promise pour ceux qui ne l’ont toujours pas obtenue, une sepulture digne des 400 morts que l’on pense enterées dans des fosses communes demerurées des decennies sous des poubelles, aurorisez ces fouilles afin que des noms soient inscrits sur un memorial…. Toutes ces petites choses qui font la grandeur d’une nation.

France, tiens à tes engagements au moins avec les derniers des tirailleurs.

Shingui

Publié par Shingui

J'ai souvent tendance çà dire : "C'est la mélanine qui me fait artiste".. Pourquoi? Eh bien.. Tout simplement parce que l'envie de raconter me raconter en peinture était grande. Mes racines sont la base de notre travail. Tant sur le plan des œuvres qui accompagnent les articles, que celui des sujets discutés dans mes articles. Faire des savoirs ancestraux un outil destiné à nous faire comprendre et connaitre notre histoire, mais aussi créer des passerelles entre les cultures autres afin que notre histoire, racontée par nous, soit connue de tous. Une ouverture d'esprit indispensable pour comprendre le monde d'aujourd'hui et construire celui de demain. Pour cela, je m'accompagne de jeunes artistes, de tous horizons. J'espère ici rendre l'art afro contemporain accessible pour tous. Achetez ici https://shinguifoumakoundi.sumupstore.com

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