
Les khoisan (Bushmen, Damara, Nama), les Nama sont une branche namibienne des Hottentots et se composent de 8 tribus distinctes. Les bantous (les ovambo, les Kavango, les Herero et les caprivien). Les sang melés (Les Oorlam, les baster, les métis), les européens.
La colonisation brise des empires entiers en Afrique. Des empires tel celui de Sokoto, le royaume Ashanti et Zulu ou encore Madagascar et la monarchie horra.. Ils périclitent au profit des puissances européennes, la France, l’Allemagne ou l’empire britannique. Déjà présentes sur le territoire pour les échanges commerciaux, depuis des décennies voire des siècles, ils veulent aller à la conquête de plus de territoires. Certains y voit un prolongement de leur propriétés, d’autres comme les allemands, un doublon sous les tropiques de leur nation qui servirait aussi de base militaire. Retenons toutefois que le fil rouge de tous ces désirs de possession, c’est la civilisation. Les voilà donc en Afrique, nous apportant la civilisation.…
» Les peuples africains n’ont plus conscience d’avoir une histoire. Il ont été rendu amnésiques » Théophile OBENGA.
Les allemands ont pendant longtemps regardé avec inquiétude les migrations de leur populations. Entre 1890 et 1913, l’Allemagne passe de 45 à 63 millions d’habitants. Ils ont peur de manquer d’espace. La notion de « lebensraum » explique clairement l’inquiétude qui existait entre l’accroissement démographique et l’espace vital sur le territoire. Cette peur a poussé les populations à rechercher en dehors du territoire, de nouveaux espaces à vivre. Elles migrent ainsi, pour la plupart vers les Amériques. Migrations qui inquiètent les autorités. La solution à toutes épreuves était la construction d’une nouvelle Allemagne en dehors de l’Allemagne. Le Kaiser Wilhem n’était pourtant pas pressé de conquérir l’Afrique. Ses priorités étaient ailleurs. Les commerçants sur place arrivent à le convaincre. Il décide, pour l’empire allemand, de conquérir ces nouveaux espaces. Bien lui en a pris. Quand l’on pense qu’aujourd’hui encore, certaines personnes, dans nos contrées, évoquent la colonisation allemande, la rigueur de ce peuple, la solidité des infrastructures avec une certaine admiration. Qui n’a pas déjà entendu les anciens dire au pays, »ah! c’était quand même mieux avec les allemands hein? » Oui, cela peut paraître étonnant, mais c’est une réalité. Et de rajouter : « On ne comprend pas pourquoi tout ce qu’à construit le colon français à l’air aussi peu solide »….
Ce que l’on sait moins, c’est que l’Allemagne a commis génocides, meurtres en masses et assassinats dans ses colonies en Afrique; et c’est grave, très grave même. Ici, aujourd’hui vous l’avez sans doute deviné, je relate, le premier génocide allemand en terres africaines : Le génocide namibien, avec l’extermination des Hereros et des namas. Il a pourtant bien faillit être nié par les autorités allemandes. On peut donc dire merci au blue book britannique pour avoir répertorié, archivé et publié les éléments qui ont pu confirmer, le caractère génocidaire des exactions commises à cette époque.
De nos jours, le peuple namibien se subdivise en 3 groupes distincts : Les khoisan, les Bantou, les sang mêlés et les européens. Les khoisan (Bushmen, Damara, Nama), les Nama sont une branche namibienne des Hottentots et se composent de 8 tribus distinctes. Les bantous (les ovambo, les Kavango, les Herero et les caprivien). Les sang melés (Les Oorlam, les baster, les métis), les européens. Pour la petite histoire, un groupe de sang mêlés descend des premiers européens arrivés en Afrique du sud dans la région du cap. Parce que leur degré de civilisation est plus avancé que celui de leurs congénères bantou ou Khoisan, ils se font appeler les Orlam, ce qui signifie « intelligents ». Les plus connus sont Jonker Afrikander et Hendrick Wittbooi.
L’Allemagne est présente en Afrique depuis le 16eme siècle. Ils établissent les comptoirs sur les côtes africaines, mais dès le 18eme siècle, leur présence est plus religieuse. La colonisation quant à elle débarque en Namibie en 1884. Le kaiser Willehm y nomme Heinrich Göring reichkommissar. Heinrich est le père du tristement célèbre Hermann Göring, un élément majeur de la garde rapprochée de Hitler. Le gouverneur de quant à lui, est Lutwein. Il est plus porté sur la connaissance des coutumes et populations locales que sur les bains de sang. Cependant ses concitoyens n’aiment pas la légèreté, avec laquelle il traite les Hereros. Nouvellement arrivées sur ces terres, ils ont besoin de bétail et de conquérir les espaces disponibles pour que d’autres les rejoignent. Sauf que, les plus grands propriétaires terriens du coin, sont les locaux. Ils vont au départ devoir payer pour ces terrain. Le premier acheteur de terrain est le marchand de Brême Luderitz. Il achète ses premiers hectares de terres en 1883 et s’installe le long de la baie d’Angra Pequena. Il paye pour ces terres, au chef nama, Fredericks Joseph, 200 fusils et 2000 Mark. Samuel Maharero, leur vend un terrain communautaire en 1890. L’alcool contribuera grandement à la signature dudit contrat. Puisque, sans l’accord des autres chefs de ladite communauté, la vente d’un terrain est impossible. Bref, il est tout de suite évident que les terres sont une source d’incidents fréquents entre les différents groupes ethniques, puis le colon. Les allemands ont cependant besoin de plus de terres pour appâter de nouveaux colons, mais les terrains des locaux sont communautaires. Ils ne peuvent donc être vendus sans l’accord des différents membres du clan. Les allemands se retrouvent dans une impasse. On comprend pourtant assez rapidement qu’ils n’ont pas l’intention de payer pour se les approprier. Ils vont devoir ruser. Ensuite les forcer à abandonner leurs terres. Et comme on pourrait s’en douter, les locaux se révoltent et les allemands quant à eux, commettent l’insoutenable : un génocide. C’est par cette barbarie qu’ils apportent la civilisation en Namibie…
Le terme génocide fait son apparition après la seconde guerre mondiale. Du juif polonais du Raphaël Lempkin qui s’en sert pour qualifier les crimes nazis à l’encontre des juifs en Europe. Du grec genos pour race, peuple et du latin cide, ciderae pour tuer. Pour Eric D. Weitz, un crime qualifié de génocide, s’attaque à la race ou un peuple, déshumanise ces populations et a la volonté, par écrit, d’exterminer totalement ou partiellement ledit groupe persécuté.
La colonisation a commis des crimes graves qui n’ont pu être qualifiés de génocide par les autorités compétentes. Les 3 éléments qui en valident l’appellation (Le groupe ethnique visé, l’animalisation dudit groupe et enfin la volonté d’extermination écrite), n’ont pu être mis en évidence. C’est sans doute pour cette raison que les intellectuels et africanistes pensent à une appellation similaire à celle de la shoah pour qualifier l’esclavage. Moi je rajoute à cette définition, les crimes perpétrés pendant la colonisation. Il s’agirait du terme Yovodah pour cruauté blanche. Parmi les crimes de la colonisation par exemple, je cite juste deux pays dans lesquels la colonisation a fait16 millions de morts. Au Congo belge, la colonisation tue 10 millions de personnes entre 1890 et 1910. Au Soudan, entre 1883 et 1903, la population passe de 9 millions à 3 millions.En côte d’ivoire où l’ethnie Baulé qui passe de 1 million, avant l’arrivée du colon, à 160000 à son départ.
A ce stade, la question que l’on pourrait se poser c’est la suivante: Pourquoi et comment en arrive t-on, avec autant de facilité à laisser entrer sur son territoire des personnes qui y tuent, sans qu’à ce jour ceci soit vu comme un crime?
Une tentative d’analyse sociologique : Le facteur qui à mon avis est le plus crédible, c’est l’arrivée des missionnaires, avant le colon. Ils ont réellement facilité l’installation des colons. Je m’explique : Lorsque les missionnaires arrivent, ils font l’effort d’apprendre les langues locales et de les parler. Ils apprennent aux locaux leur langues respectives, la bible et font en sorte de comprendre leurs coutumes. Ils interagissent donc avec eux, en fonction des us et coutumes apprises et comprises. N’oublions pas que Léopold II en Belgique se servait de la religion pour asservir au nom de Dieu le Congo belge. Si mes souvenirs sont exacts, l’une des phrase qui le rend célèbre étant de tête ; « Faites leur aimer la souffrance et la supporter, car s’ils ne profitent pas de richesses ici bas, le royaume des cieux leur réserve une place de choix »…. Entre autre inepties.
Bref, pour dire que, nous sommes tous des êtres humains dotés d’intelligence, nous savons donc reconnaître des personnes qui ont une approche amicale et en apparence du moins, bienveillante. C’est l’impression que les locaux ont des missionnaires . C’est ce capital sympathie ci qui fait la force du colon. Il est important de noter que la conquête des territoire ne se fait pas uniquement par la force. Ils ont rusé, menti, volé et trahi. L’art de la guerre de Sun Tzu à côté c’est…. Bref, ce capital sympathie étant sans doute LA pièce la plus importante du puzzle. La German SudWest Afrika ne fait pas exception à la règle. Parce que les locaux font preuve de déférence à leur égard, il leur est ainsi, plus facile d’accepter l’installation du colon. Les missionnaires avaient ici l’habitude de servir de médiateur durant les conflits, d’intermédiaires parfois entre les colons et les locaux. L’empathie pour le missionnaires est grande. Et cela se traduit en Namibie par un héritage vestimentaire plus qu’insolite sous les tropiques. Les femmes héreros portent comme habit traditionnel , des robes de style victorien, exacte copie de celles portées par les épouses des missionnaires déjà présents sur le territoire. Il a été ainsi, plus aisé d’abuser des locaux quand cela s’est avéré nécessaire. Comment cela se passe t-il en Namibie ?

L’Allemagne reconnaît reconnaît le génocide en 2005 et offre aux nama et hereros, une compensation à hauteur de 25 millions d’euros. Ils rajoutent une aide au développent en 2017 et 2018 d’un montant de 118 millions d’euros.
Avant de répondre à cette question, comprenons les enjeux territoriaux : Géographiquement parlant, la German Southwest Africa est coincée entre le désert de Namibie et le désert du Kalahari. C’est environ la moitié de la superficie totale. Sur le reste du territoire , il tombe 50 à 60 cm de pluie sur la bande de Caprivi, contre 30 à 40cm pour le hereroland. Partant du principe que la bande de Caprivi se situe au Nordest du pays, elle présente peu d’intérêt pour les colons. Le Hereroland reste donc la partie la plus fertile du pays. C’est donc ici que les convoitises s’attisent et que les conflits se préparent.
Comme nous le savons déjà, les Allemands veulent faire de la Namibie une petite Allemagne et une base militaire. Il leur faut des volontaires, qui eux ont besoin de terre et de bétail. Mais si l’on s’en tient au rapport de la société coloniale qui explique en 1897, que la seule façon de faire venir les colons est de leur offrir des terres gratuitement… Mais comme nous le savons déjà, les terrains sont communautaires pour la plupart. Il est très difficile de les acheter. Des solutions alternatives sont nécessaires. Alors ils commencent par ruser. Ils proposent un protectorat aux locaux. Le chef Herero accepte de placer son peuple (80.000) sous le protectorat allemand en 1889. Hendrick Wittbooi et Jan Jonker quant à eux refusent ces accords. Malheureusement, en 1894, ils finissent par céder, comme les héreros, l’ont fait avant eux, ils signent. Je suppose que les accords commerciaux ont dû, avec le protectorat être aussi actés. Sauf que, ils commencent à exiger des taxes en échange du bétail. Les taxes ne sont pas payées ? Des têtes de bétail sont exigées et confisquées. Les terres sont subtilisées, nous supposons pour les mêmes raisons. Ensuite ils pillent. Se mettent en places des politiques ségrégationnistes ou les blancs occupent de plus en plus d’espace et les Herrero et nama sont parqués dans des réserves. Des écrits précisent que les missionnaires ont dû en plus négocier avec les colons les espaces qui leur étaient attribués dans les réserves tellement les surfaces étaient minuscules comparées au nombre d’habitants. Ce pillage systématique des terres herero et Nama a été aidé par les différents conflits entre les deux groupes. 1829 et 1835 victoire des nama sur les herero, ils ont les Oorlam pour alliers. Accords de paix signés le 24 Septembre 1842 ; Le même jonker afrikanner et ses troupes récidive. Cette fois-ci, il perpétue un massacre dans la ville de Okahandja. C’est une surprise pour les herero. Les Orlam tuent avec cruauté, des enfants. C’est le 23 Août 1850. C’est dans cette atmosphère, ces conflits interethniques, que débarquent les allemands. Les ethnies ont déjà des armes à feux. Ils entretiennent en plus des relations conflictuelles les uns avec les autres. Ce qui sert les allemands. Ils comprennent assez rapidement qu’il n’y a pas de cohésion, ils n’ont même plus besoin de les diviser pour mieux règner. ils profitent juste. Puisqu’ils connaissent déjà la guerre, les allemands peuvent, plus facilement, réprimer par les armes tout conflits naissants. Pas une révolte qui n’ait été militairement sanctionnée.
En plus des pillages systématiques des terres et de bétail, les colons font acte de violence envers les femmes. Celles-ci sont violées et maltraitées et utilisées dans les propriétés de allemands comme bonnes à tout faire ou nous le supposons, comme maîtresses. Puisque que Berlin qualifie le métissage de « Schand am Rhein » (Honte sur le rhin) et les enfants métisses de « Halb Affe » (Demi singe)…. Ce que l’on sait avec certitude c’est que, lorsque les femmes étaient violées il leur était difficile, voire impossible de se plaindre, car avec la ségrégation raciale, la parole d’1 blanc valait celle de 7 herero.
Et comme l’on pouvait s’y attendre de la part des peuples qui avaient vécu libres et autonomes, avant l’arrivée du colon, Il y a révolte les hérerro et les nama se révoltent à quelques mois d’intervalles. Pour résumer : Avant la guerre de 1904, les têtes de bétail herero s’élèvent à 46000 contre 100.000 vers 1890. Les allemands ont acquis à cette période déjà, 47000 têtes de bétail et 19 millions d’hectares de terres. Précisons qu’il existe déjà des rumeurs qui courent sur les terres namibiennes à cette époque… Le sol serait riche en diamant. La Namibie produit actuellement la moitié des ressources mondiales en diamant. Bref, il ne reste que 31 millions de terres aux locaux. Il avait déjà été programmé, bien avant la révolte du 12 Janvier 1904, leur extermination. Tout ce que fait la révolte des 5000 héréros, c’est accélérer le mouvement des tueries qui se préparaient. Leur révoltent tue 123 allemands. C’est ainsi que débute la marche vers l’horreur qui conduit au génocide de 100000 Hereros et nama. Selon les historiens première guerre de génocide concerté.
La mort des 123 soldats allemands provoque l’ire des colons. Il est important de comprendre que l’administrateur de la German Sudwest Afrika, Lutwein est un colon dira t-on, modéré… un peu trop selon ses concitoyens. Il ne répond pas réellement à leurs attentes. Les colons attendent qu’il tranche et prenne des décisions claires sur les territoires qu’ils souhaitent occuper. Il préfère être à l’écoute des populations locales, plutôt qu’aux prises avec une répression sanglante. Etat d’esprit qui ne convient pas à ses administrés allemands. Alors ceux-ci rouspètent, grognent, se plaignent et écrivent à Berlin. La rébellion des Herero et la mort des leurs, a mis le feu aux poudres. ils sont dans une colère noire. L’Allemagne, là, ne pouvait plus les ignorer. Il leur fallait un nouvel administrateur. Un homme de poigne.
Lothar Von trotha leur a été servi sur un plateau. Il débarque donc en Namibie, en Juillet 1904 avec 3500 hommes, 180 officiers, 2 station TSF, 41 cannons, 13 mitrailleurs, 5277 chevaux et 953 mulets. Au vu de la lourdeur de l’attirail, mobilisé en moins de 7 mois, on peut supposer que l’idée d’exterminer ces populations ne datait pas de la veille. Sans oublier qu’il a dans ses poches un « vernichtungsbefehl » à savoir, un acte d’extermination à l’encontre des herero. Arrivé à Waterberg le 11 Juillet 1904, il dit aux rebelles l’annulation du protectorat allemand puisque devenus des ennemis de l’État allemand. Ils ne sont plus les bienvenus en terres allemandes. Les soldats allemands ont l’autorisation de tirer à vu sur tout individu, mâle ou femelle, enfant ou vieillard, vu et aperçu sur le sol allemand. Ce qu’il faut comprendre ici, c’est que l’Allemagne, a peur que cette rébellion écorne son image et sa réputation à l’international. L’Allemagne ne peut faillir à sa mission civilisatrice tout ça parce qu’elle n’aurait pas été capable d’administrer ses colonies avec la poigne de fer qu’on lui connaît. Il faut, avant que le monde ne comprenne leur échec à la German Sudwest Africa, mater la rébellion. Pour ce faire il doivent convaincre sur le bien fondé de cette guerre. Le peuple allemand doit pourvoir comprendre qu’un ennemi de la patrie ne peut en aucune façon être toléré dans ce qui était supposé devenir une base militaire allemande. Ils sont hostile à la nation donc animalisés. Ils sont traités de rats, de cafards et de vermines, d’ennemis de l’état et d’assassins.
C’est dans cet état d’esprit que Von throta débarque en Namibie. Il organise ensuite 1 mois de siège en privant les herero de nourriture et d’eau. 1400 en sortent vivants, ils sont ensuite escortés dans le désert du kalahari et y sont laissés pour mort. En Octobre 1904, l’ordre d’extermination est une réalité.
L’indignation des chefs Herero et Nama grandit, en se préparant pour la guerre, Mahahero écrit à Hendricks wittboi qui a lui, choisit de s’allier au allemands, une lettre dans laquelle il dit sa colère. : C’est le sol ou la mort. Il est temps de se battre et mourir que de continuer de subir. « To all captain down there to rise and to battle… » (Captain, c’est le titre attribué aux chefs). Cette bataille, du moins cette guerre, sera le prétexte rêvé pour confisquer des biens des Hérero et nama. Et Von Throta ne s’en cache pas. Ils gagnent même 9 millions d’hectares de plus après la guerre. Les nama du groupe ethnique bundechwatz se rebelles quelques mois plus tard.

Le Vernichtungsbefehl C’était la civilisation…
En Avril 1905, la guerre est terminée. Les Hottentotes reçoivent un message de Von Throta qui leur enjoint de ne point se révolter. Ils leur sera donné à manger, à boire et ils pourraient même travailler. Fréderique von liquist devient gouverneur en Décembre 1905. Les nama et les herero sont expropriés des terres et leurs biens transférés à l’État allemand. L’acte d’expropriation est légalisé en 1906. Les Hérero ne disent mot, sont-ils seulement au courant qu’un document de se type les prive de leurs droits ? Ils sont ensuite parqués dans des camps. Ils sont 9000 herero à se rendre à la demande du nouveau gouverneur dont le discours qui se veut rassembleur, prône la réconciliation. A ce stade, ils ne peuvent plus vivre en dehors de ces réserves qui deviennent leur seuls lieu d’habitation. Il leur était interdit de posséder quelconque biens, si ce n’est avec l’autorisation expresse des allemands. C’est à partir de 1907 qu’ils leur assignent, dès l’âge de 8 ans des tags d’identification.
Nous savons que, déjà à cette date, le plan d’extermination était en marche pour les rebelles herero et nama.
Pour les rescapés de guerre, et les prisonniers empoisonne les puis et fait surveiller les cours d’eau par les soldats qui ont ordre de ordre d’interdire l’usage du cours d’eau et de tirer à vue si nécessaire. Nous nous trouvons là entre le désert de Namibie et le désert du kalahari. Les soldats repousse les populations dans le désert du kalahari avec pour ordre de les y laisser mourir. Il n’est pas nécessaire de comprendre que les 3 éléments qualifiants le génocide sont en posés. « L’acte n’est pas délibéré. Il est planifié ». Le groupe racial stigmatisé, la déshumanisation et la volonté d’anéantir le groupe visé. Cette tactique consistant à assoiffer et affamer son ennemi, n’est pas une innovation allemande. Les indiens ont subi le même sort en Amérique par des européens. Ceux-ci tuaient le bison à tout va. Pas pour se nourrir, mais pour priver les indiens de nourriture. Ils gagnent la guerre, enferment les perdants dans des camps. Dans ces camps, leur font porter des plaques d’identification avec l’inscription GH, pour « gefangenen herero. » Des camps où les conditions de vie étaient d’une extrême dureté.Sont ainsi ouverts 18 camps de concentration et de travail forcé en Namibie. Eugène Fischer exerce dans celui de Shark island où ses expériences sont aussi … que celles de Mangele, un de ces adeptes. On peut se douter des expériences menées quand on entend dire que sur les 3500 prisonneirs, 200 seulement en ressortent vivants.
Le Vernichtungsbefehl C’était la civilisation….
La German SouthWest Afrika (GSWA) devient Namibie en 1960, appellation reconnue par l’ONU en 1968. Le pays, par contre, acquiert son indépendance en 1990. Oui, c’est tard. Mais comme elle a été longtemps considérée comme la 5eme province d’Afrique du sud, et se sont les afrikaners qui reprennent la suite des allemands à la fin de la première guerre mondiale. L’espoir des chefs namas et herero est anéanti. Ils avaient espéré retrouver leur patrie après le départ des allemands.
L’Allemagne reconnaît reconnaît le génocide en 2005 et offre aux nama et hereros, une compensation à hauteur de 25 millions d’euros. Ils rajoutent une aide au développent en 2017 et 2018 d’un montant de 118 millions d’euros.

C’est le sol ou la mort. Il est temps de se battre et mourir que de continuer de subir. « To all captain down there to rise and to battle… » (Captain, c’est le titre attribué aux chefs). Cette bataille, du moins cette guerre, sera le prétexte rêvé pour confisquer des biens des Hérero et nama
La colonisation sur le continent africain, c’est 1870 à 1950 environ ce sont des millions de morts. C’est un génocide. Pour nous rendre compte de l’ampleur des dégâts, nous devons redéfinir notre propre vision de la colonisation. Nous avons normalisé le fait de voir ce continent toujours courbé, ployant sous le poids de la dette. Avec les extraordinaires taux d’intérêts, leurs remboursements devient quasiment impossible. Cette dette ne fait rien d’autre que d’axphyxier l’économie de tout un continent. Le continent africain ne peut continuer de payer une dette au détriment de ses habitants. Cette exploitation post coloniale doit cesser. Et non, les dettes coloniales n’ont pas été annulées.
Rappelons nous d’une chose que nous avons tous tendance à oublier. A l’époque la colonisation, sont édités en Europe des tas de livres scientifiques, écrits par d’éminents scientifiques reconnus par leurs pairs. Se sont des références dans leur domaine. Ils écrivent la supériorité de la race blanche. L’opinion publique ne peut aller à l’encontre de ces discours étayés par des calculs et hypothèses savants. Ce qui implique que, la colonisation ne pouvait que rendre fluide cette transition qui nous menait à la civilisation.
Je m’appuie de nouveau sur cette citation » Les peuples africains n’ont plus conscience d’avoir une histoire. Il ont été rendu amnésiques » Précisons que, sauf pour des raisons spirituelles, l’accès aux terres africaines était relativement libre pour les occidentaux. Certains ancêtres n’acceptaient pas la présence étrangère. Et c’est aussi un fait. Toutefois, dans la majorité des cas, l’accès aux terres étaient libre. Les missionnaires déjà présents dans les terres, facilitaient l’installation dudit étranger. Même si c’était avant de comprendre que le colons venait s’en prendre aux terres, au bétail, aux traditions et à la liberté de vivre chez soi, sur son sol. Dès le moment où l’on comprenait ce que cachait leurs présences sur ces territoires, il y avait rébellion. Ce qui suppose que nous avions conscience, même de façon diffuse, de ce que nous perdions en laissant l’Européen transformer nos traditions ou s’en prendre à nos richesses. Alors, oui, là c’est vrai, nous sommes devenus amnésiques. Nous ne savons plus grand-chose d’avant la colonisation. On nous enseigne rarement, sinon jamais ce qu’était ce continent avant l’arrivée de Christophe Colomb. Notre histoire a tendance à être racontée à l’arrivée du blanc sur nos terres. Ce qui veut tout simplement dire que c’est beaucoup l’occidental qui raconte nos histoires. Alors que je suis de plus en plus intriguée par l’absence de narrateurs issus du continent africain. Un exemple. La côte Est africaine tisse du magnifique tissu très demandé par les égyptiens au 12 ème siècle. Nos références pour la plupart habille encore les africains, surtout à cette période, en peau de bête.
Alors, lorsque l’on parle de la mission civilisatrice allemande en territoire Namibien, cela fait froid dans le dos. Leur bilan : un génocide avec la famine, les travaux forcés, les expropriations et des lois interdisant les mariages mixtes. Nous ne devons pas oublié le vernichtungsbefehl, les puis empoisonnés et les reserves et la ségrégation raciale. Les hereros ont pu recourir au blue book anglais, seul lien écrit et non allemand entre les exactions en terre namibienne et l’international. Qu’en est-il des millions de morts de la colonisation sans le blue book ? Aucune idée. Oui, nous sommes amnésique. Ou nous ne voulons pas voir. Parce que voir, c’est douloureux. Voir c’est être obligé de se battre. Voir réellement ce qu’il en coûte aujourd’hui encore au continent africain, c’est souffrir, avec ce contient. Mais quel choix avons nous ? Ce contient reste axphyxié par une dette qui n’a aucun sens aujourd’hui en 2024. Comment comprendre si ce n’est en recherchant pays après pays, régions après régions, ethnies après ethnies, les morts et ce que nous avons réellement vécu ? Comment ne pas essayer de comprendre pourquoi une civilisation, au lieu de nous grandir, continue de nous asservir et nous appauvrir ? Non, nous devons nous mêmes, repenser notre histoire, ré-ecrire notre histoire afin de pouvoir relater à nos enfants des faits.
SHINGUI
