
En ce mois d’Août, nous avons assisté à Paris, à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. La fête était belle, Paris a su s’enflammer… Elle aura manqué aux parisien cette flamme olympique. Les derniers jeux parisiens datent quelque peu. 1900 et 1924. Parce que l’on est pas tout à fait certains d’être là pour les prochains, on en profite. C’est sûr, Zeus, j’en suis certaine, aurait kiffé.
Les jeux Olympiques sont les ancêtres des jeux grecs antiques. Ils naissent à Olympie en 776 av JC. Les athlètes entrent en compétition en l’honneur des Dieux. On maitrise son art pour une victoire au nom du Dieu adoré; Zeus, Apollon, Poséidon….. Les jeux antiques permettent d’unifier les nations panhelléniques (Olympie, Delphes, Isthme et enfin Nemée) 4 jours par an, tous les quatre ans. C’est aussi à Olympie que l’on retrouve le temple de Zeus et Hera. Zeus tient à ce que, la Grèce antique, en guerre souvent, connaisse au moment des jeux, l’ékécheiria ; la trêve sacré, l’armistice, la trêve olympique. C’est quand même le but des olympiades, Offrir à toutes les cités participantes, la paix… Proclamée dans toutes les régions du pays par les spondophores, aristocrates helléniques et messagers de la paix. Ils annonçaient la date des jeux , date qui induisait l’arrêt de tous les conflits et de guerres. Pendant la période des jeux, l’ékecheiria s’appliquait. Il ne viendrait à l’idée d’aucun des participants de violer cette loi. Si cela devait arriver, les conséquences seraient des plus désagréables. Le fautif serait effacé de la liste des participants, payerait des amandes et aurait ensuite le plaisir de s’en aller couvert de toutes sortes de malédictions… Et les juges grecs, les hellandices élus 10 mois avant les jeux, se devaient d’apprendre, de connaître le règlement et le faire appliquer.
Il fallait donc, pour les Dieux, être le meilleur… Pour cela, s’entraîner, afin de faire de son corps, un objet de fierté régional. Devenir un champion à l’époque comme aujourd’hui, demandait un entraînement constant et une hygiène de vie indispensable à l’amélioration des performances. Un athlète grec (du grec Athlos, pour guerre) s’entraine pour les jeux avec un pédotribe dans un gymnase. Ici, les futurs champions apprennent le lancé de javelot, la course. Ils s’entraine nu ( du terme gymnos – nu ou peu vêtu-) se couvrent d’huile et de sable pour faciliter les prises. A la fin de l’entrainement, ils prennent une douche et nettoient sable et huile avec une sorte de raclette. Ici, l’argent n’est jamais la motivation première. Etre le champion, c’est repartir avec une couronne d’olivier, 100 à 500 drachmes et les honneurs. par contre, les honneurs du nouveau champion ne sont pas négligeables. Sa ville avec une statue le représentant, des pièces de monnaies à son effigie, il ne paye pas l’impôt et est nourrit par la cité jusqu’à la fin de ses jours. Et en fonction de ses origines, son statut social évolue. L’aristocrate deviendra haut responsable politique, l’athlète d’origine modeste, notable et enfin, l’athlète issu du peuple deviendra lui, responsable d’un gymnase dont il fera, grâce à son titre de champion, la renommée. Il devient ainsi, le pédotribe (professeur de gymnastique) qui aura suscité l’admiration des foules et dont le gymnase regorge de jeunes talents désireux de l’imiter.
Les femmes quant à elles étaient interdites de compétition. Elle ne pouvaient même pas être supportrices sur le site de l’olympie. La seule personne de sexe féminin autorisée était la déesse Déméter. Même s’il ya eu une exception à la règle, en la mère d’un jeune athlète entré dans la compétition. Sous un déguisement d’entraîneur, elle arrive sur le site, et encourage son fils pendant toute la durée des épreuves. Elle ne sera pas sanctionnée. Les juges estiment que la mise à mort peut être levée. Elle est mère de champion et ça, ça n’a pas de prix. Elle est la principale raison pour laquelle la nudité était exigée de tous les entraineurs sur site.

Le site Olympie, subit au fil des années des dommages liés aux catastrophes naturelles. De plus, les jeux perdent le rythme d’un jeu tous les quatre ans se perd, ils deviennent non seulement plus fréquents, mais aussi, plus professionnels. Ce qui attire les mercenaires et les professionnels. Les jeux sont de moins en moins religieux. On ne se bat plus pour les Dieux, mais pour l’argent. L’engouement populaire ne suivra pas. La dernière olympiade a lieu en 393 après Jesus Christ. C’est la 293eme. Theodose II, l’empereur chrétien, détruira le temple de Zeus en 426. Le site de l’olympia est ainsi enterré sur les nombreuses couches de poussières et de terre. Entre le 19eme et le 20eme, les archéologues français et allemands nous restituent Olympie. Pour ces diverses informations sur Olympie, nous pouvons remercier deux écrivains qui nous ont rapproché de l’histoire à cette époque. Pausanias et Sextus Julius Africanus qui nous relatent ces faits.
3000 ans plus tard, on dit encore « Citius, altus,Fotius – commiter « « Plus vite, plus haut, plus fort- ensemble » un symbole important des JO. Un autre des symboles des JO c’est la flamme olympique. Comme celle toujours allumée du temple de Zeus et Hera. Aujourd’hui, elle est allumée à Olympie et acheminée vers le pays hôte des jeux. Elle enflammera la grande torche jusqu’à la fin des jeux. Enfin, les anneaux, tout droit sortie du site d’Olympie. Ils étaient gravé dans la pierre au temple de Zeus. Je ne suis pas certaine qu’à l’époque les cinq anneaux aient représenté les 5 continents, mais c’est le cas aujourd’hui. Un anneau par continent.
Pierre de Fredy, baron De Coubertin est né noble. Son père est un artiste, qui vit en Normandie. Est-ce la raison pour laquelle le culte du corps revêt cette importance dans sa vie ? Mais une chose est certaine, c’est qu’il en est persuadé, une jeunesse ambitieuse et bien dans son époque a besoin, non seulement de prendre soin de son corps, mais aussi de son esprit. C’est un peu quelque chose du genre, un corps sain dans un esprit sain. Trouvant les plus belles qualités au sport, il finit par réformer l’école. Il y introduit l’éducation physique et sportive. Le corps le fascine, l’esprit du sportif aussi. Les jeux de l’antiquité le passionnent, il entend les remettre au goût du jour. L’athlète antique en modelant son corps pendant les entraînements, rendait hommage aux Dieux, et les athlètes de De Coubertin, « exaltent » soit une patrie, soit la race, soit un drapeau. Ou les trois ensemble. De Coubertin, après un état des lieux mémorable à la Sorbonne, ressuscite les jeux antiques grecs. Les jeux olympiques modernes naissent ce 23 Juin 1894 à la Sorbonne avec la création du Comité International Olympique.
Et tout au long du parcours olympique l’on pourra se rendre compte du fait que le choix de la paix n’est pas toujours du côté que l’on pense. On verra que l’ekécheiria antique ne fonctionne pas toujours avec ou chez les bons protagonistes. La paix c’est parfois faire abstraction à ce qui dérange pour se concentrer sur ce qui rassemble. Et dans les temps où le chaos règne dans une « petite partie » du pays….. Je suppose que à ce moment là, le choix de rassembler plus de 200 pays reste le meilleur choix pour la paix, des fois…. Mais jusqu’à quel point? Voici quelques cas assez étonnants.
Les premiers jeux ont lieu à Athenes en 1896. Le CIO fait comme avant. Conserve les valeurs d’Olympie. Quatre années plus tard, c’est Paris. Les participants ne sont pas encore tous au Rendez-vous. Le Comité d’organisation des Jeux Olympiques est obligé de gérer ses jeux en même temps que l’exposition universelle car la participation étant extrêmement faible. En 1904, c’est Saint Louis. Les états-unis sont le premier pays à heurter de plein fouet les valeurs de l’olympisme nouvelle version. C’est tout simplement un fiasco. N’oublions pas que le pays est à peine sorti de l’esclavage, moins de 100 ans. L’abolition de l’esclavage aux Etats unis date de 1863. La nation est encore marquée par la ségrégation raciale. Certains pourraient penser que je sers ici, au Comité d’organisation des Jeux, de belles excuses sur un plateau…. Mais non… Saint Louis, c’est 12 pays participants. Avec ces 12 pays, ils ont quand même pu organiser 2 journées anthropologiques pour « les races dites inférieures ». Les races inférieures, ce sont par exemple, les pygmées africains, les sioux indiens, les syriens, turcs, moros philippins…Les épreuves ? Se contenter d’amuser la galerie.
L’épisode, qui lui aussi heurte les valeurs de l’olympisme, c’est celui des JO de Berlin, en 1936. Les JO de la honte pour certains. Il y en aurait eut trois en tout depuis le début. Berlin, Moscou et Pékin. La honte parce que les JO rend légitime le gouvernement du pays organisateur. Les JO les rendent « fréquentables », le monde voit et reconnait une élite. Or lorsqu’en 1931 le CIO attribut les JO de 1936 a Berlin, l’Europe sait ce qu’Hitler fait subir aux juifs et aux non aryens en Allemagne. Et pourtant…. En 1932 déjà, l’idéologie nazi écrivait déjà l’exclusion des « nègres ». On l’aura compris, le monde a peur de voir les jeux perdre à Berlin, ses valeurs de fraternité. Mais pour rassurer tout ce petit monde qui se pose des questions, une délégation américaine est envoyée à Berlin s’assurer que les intentions du gouvernement sont « nobles » et que la discrimination raciale ne peut en aucune façon avoir sa place dans le jeu olympique. Le Comité Olympique américain (AOC) qui se rend à Berlin en 1934. Ils n’ont vu aucun problème majeur dans la façon qu’avaient les nazis de gérer leur club d’où étaient exclus les juifs. Puisque, les noirs américains, eux aussi, étaient exclus des clubs de sport à cause de la ségrégation raciale….Sauf que là beaucoup trop de voix s ‘élèvent pour dénoncer le fascisme.

Mais hélas, ces voix discordantes n’ont pas été entendues. Les hommes ont préféré célébrer le sport, plus que la liberté et la vie. Les camps de concentrations n’ont pas fermé avant, pendant et après les jeux. Le monde le savait. Il a été laissé aux nazis la possibilité de prouver au monde que la race aryenne était bien supérieure dans le domaine des sports. La beauté n’est-elle pas aryenne ? Dans tout les cas, les olympiades ont fascinées par leur organisation toute militaire où rien de dépassait. Il a tout de même fallu, ensuite, revoir le salut olympique qui ressemblait étrangement au salut nazi. Bref, la fête fût belle pour les aryens qui allaient quand même devoir faire avec quelques petits cailloux dans leurs chaussures. Non, l’excellence dans le sport ne peut en aucun cas être le domaine réservé de la race blanche. Jesse Owens le prouve en gagnant 4 médailles olympiques, toutes en or. Le saut en longueur, les 100m, 200M et 4x100m. Pas de sponsor, pas de salaire, pas de récompense, rien…. Les 4 médailles ne lui rapportent, officiellement, pas un centime.Ce record est égalé en 1984 par Carl Lewis. Hitler refuse de lui serrer la main. De retour aux Etats unis, il ne verra pas Roosevelt non plus, alors que les autres athlètes ont été eux, fêtés. Pour la petite histoire, il perd ses chaussures de courses après son arrivée en sol allemand. Son entraîneur ne parvient pas à lui trouver de nouvelles chaussures. Mais fait la rencontre de deux frères, Larry et Adi Dassler, membres du parti nazi et fondateur des marques Addidas et puma. Il vendent donc à Jesse Owens les chaussures qui lui offrent ses quatre médailles olympiques. Précisons que les deux frères font fortunes en vendant des chaussures aux nazis… Les jeux olympiques se terminent, les Nazis envahissent l’Europe et le monde redécouvre l’horreur des camps qui n’avaient pas fermé à la fin de la deuxième guerre mondiale. Soit 10 ans plus tard.
Célébrer les jeux Olympiques tous les quatre ans partout dans le monde, suppose que l’on tienne compte du climat géopolique… Et oui, parfois, le CIO a su mettre de côté la beauté du corps et le goût de la compétition pour se consacrer réellement à ce pourquoi les JO sont fêter partout dans le monde, l’amitié entre les peuples et le paix sacrée..Les femmes, pour la paix des ménages je suppose sont intégrées en 1928 et obtiennent Plus de 30 ans après la naissance des jeux, le droit de participer aux Jeux Olympiques. . Elles sont d’abord Lorsqu’en 1964 les afrikaners se mettent à l’apartheid en Afrique du Sud, 32 pays africains boycotteront Montréal en 1972. Les sud africains seront exclus des jeux pendant 28 ans. Leur réintégration se fera en 1990 et Nelson Mandela fraîchement libéré de prison, portera la flamme olympique. La fête est complète lorsque les deux coureuses Elana Meyer et Deratu Tulu première et deuxième du 10000 m se jettent dans les bras l’une de l’autre…
Le conflit entre les deux Chines ( Chine et Taïwan ) fait en sorte que, le CIO se voit obliger de les faire défiler sous un seul drapeau. Refus de Taïwan. La Chine organise ses propres jeux en 1964 et 1965. Entre nations socialistes et militaires, 13 nations. Puis, entre pays pauvres et émergents. GANEFO c’est 39 nations. Ceci pour parer à leur exclusion des JO. La Chine réintègre les JO à Los Angeles en 1984 avec une délégation de plus de 200 athlètes. Pékin organisera les Jeux de 2008, avec comme toile de fond dans la presse internationale, les droits de l’homme et la liberté de la presse. Les jeux qui auront été encensés partout dans le monde parce que magnifiquement organisés, avec une rigueur toute militaire, souffrent tout de même de ce besoin, ce culte à la performance. Entraînant des problèmes fréquents de dopage. Plus d’une trentaine de cas en une olympiade, c’est énorme….. Les jeux d’Olympie ne toléraient pas la tricherie. Zeus voulait que cela se sache. Il était hors de question pour un athlète de célébrer autre chose que du sport propre à Olympie. Parce que, non seulement ils payeraient, mais en plus il verrait son nom et ses méfaits gravés dans du marbre et exposé au plus grand nombre. Aujourd’hui le retrait de la médaille olympique, les journaux et la télévision font le reste. Pour ne citer que ceux-ci : Ben Johnson, Valentin Hristov, Marion Jones, Antonio Pettigrew, Crystal Cox…. N’oublions pas Florence Griffith Joyner. Elle triomphe au 100m 200m et 4X100m. Elles est la femme la plus rapide du monde, c’est aux jeux de Séoul en 1988 qu’elle est soupçonnée de dopage. Elle décéde à l’âge de 38 ans….

En 1968, les jeux du Mexique se déroulent en pleine période « peace and love et baba cool » tout le monde rêve de paix et revendique la paix. Les black panthers ne sont pas en reste. Ils sont médaillés au 200m, lèvent le poing sur le podium pendant l’hymne national américain. Le poing en 1968, dit les injustices, le racisme subit par les noirs aux Etats-unis. Le poing levé dit au monde la lutte qui est mise en place pour plus d’égalité sur le sol américain. Pour la petite histoire, Jesse Owens ne se sent pas tout de suite solidaire des blacks panthers. Il est d’une autre génération, il a lui connu les champs de coton et la lutte armée ne lui semblait pas être la solution idéale pour défendre ses droits. Mais comme les nouvelles générations avaient eu le pouvoir de dire non à l’oppression, il était tout de même évident que le béret noir et le poing levé appartenait à une génération qui avait décidé de prendre, elle même, en main son destin. Il finit tout de même par se rallier à la cause. Quelques années plus tard.
Nous ne pouvons nous arrêter là sans préciser que les athlètes restent des amateurs. L’exemple d’Olympie nous aura sans doute servi de leçon, mais une fois que l’argent fait son entrée dans les jeux antiques, les athlètes sont remplacés par des mercenaires. C’est pour cela qu’aujourd’hui encore, bien des athlètes dépendent encore financièrement de leur parents ou doivent, tout comme Jesse Owens dans les années 30 conserver un emploi à temps partiel pour rentré en compte dans les jeux grecs, que ne doivent en aucune devenir de grands professionnels. « On ne l’emporte pas à Olympie avec de l’argent, mais par sa rapidité et son endurance » la phrase fétiche de Zeus est encore d’actualité.

Paris 2024, les JO ont plus d’argent, plus de professionnel, mais on se réunit toujours pour le plaisir du sport et l’amour des cultures autres. Cela s’est vu pendant ces jeux olympiques parisiens, les jeux séduisent aujourd’hui encore. De Coubertin lorsqu’il décide de les remettre au goût du jour ne devait pas penser que l’engouement populaire serait aussi important 100 ans plus tard. Et pourtant nous l’avons bien vu à Paris en avec 10500 athlètes 203 nations participantes. Comment et pourquoi ces jeux en arrivent-ils a provoquer encore passion et engouement et mobilisations ? Traversant ainsi époques, années et siècles ? Sans doute une potion dont les ingrédients nous sont encore inconnus.
Cet article sort le dernier jour des JO. Alors que moi j’attendais les rois et les reines qui ont été couronnés déjà, comme Teddy Rinner, Simone biles, Lebron James, ceux que nous avons espérés, Romane Dicko, Faith Kipyegon, Tobogo Letsile et évidemment Clarisse Agbegnenou nous avons eu là un tas de surprises…. Léon Marchand, les frères Lebrun, Et les jeunes avec Teddy Rinner….
….. Souhaitons de nouveau 1000 ans aux JO de Coubertin… En attendant Los Angeles dans 4 ans.
Shingui
. Avec les anneaux d’Olympie, un souvenir de Paris 2024…. Achetez utile..


nices!! 12Les Jeux Olympiques d’hier et d’aujourd’hui
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