
En cette magnifique fin d’année 2024, je suis entrain de me remémorer la période des fêtes dans mon existence, et je me dis, que le temps est passé vite… D’aussi loin que je me souvienne, Noël et les fêtes de fin d’années ont toujours été, comme chez tout le monde, deux journées spéciales. C’est l’occasion ici de retrouver famille et amis, on se réjouit de ces retrouvailles, on mange et on boit bien. On se promet de se revoir l’année d’après.
Mon sentiment pendant toute cette période est mitigé. Dans mon enfance Je développe un certain malaise pendant ces fêtes de fin d’année et ce pour 2 raisons bien distinctes. La première est que, je comprends assez vite que le père Noël n’existe pas. Que dans une maison blindée, un enfant se devait de trouver sa place. Plus tard la déception est à peu près la même. Les fêtes de fin d’années sont des périodes douces amères.
Née au sein d’une grande fratrie, je me devais de prendre le moins de place possible pendant toutes cette période. La dernière née que je suis, toujours collée à sa mère dans les temps ordinaires, n’avait nulle part où se réfugier pendant le chaos que suscitait les fêtes. Les espaces occupés de la maison n’étaient pour moi, la plupart du temps que des lieux de passage. La cuisine était une ruche, les abeilles cousines, tantes et sœurs. Non, vraiment c’était compliqué de se trouver, se faire une place….Les ragots que les cousins et les frères et sœurs se racontaient ici et là n’était pas toujours taillées pour mes oreilles. J’étais assez vite éjectée du lieu du ragot ou je m’en allais vers des cieux plus cléments. Je finissais bien par me caler quelque part de toutes les façons. Toutes ces petits incidents, anecdotiques me direz-vous, ont tout de même eut un impact certain sur ma perception des fêtes de fin d’années. Quand en plus on sait que la liste faite au père Noël ne sera, même de très loin, jamais exaucée….Certains se demanderont pourquoi? Mais les puristes savent. Mais pour que nous puissions tous comprendre de quoi il en retourne je me dois d’expliquer ce phénomène.
Mon père, comme beaucoup dans des clans où peu ont pu gagner convenablement leur existence à toute mon enfance pris sous son aile les enfants d’oncles, tantes, amis, brillants étudiants sans le sous… plusieurs d’entre eux souvent en même temps, ont élu domicile à la maison. Alors pour un papa qui n’est pas le nabab de la région, offrir à tous ces enfants les cadeaux tirés de leurs listes au père Noël ce n’était pas envisageable. Les parents offraient donc tout ce qui était plus de l’ordre de l’utile que de l’agréable. A défaut de la grande poupée blonde ( Non… à cette époque nous n’avions pas d’autres références) le père nous offrait de quoi briller à la messe de Noël. Le 25 au matin… Une jolie robe, de jolies chaussures, un mignon sac à main etc. Un arbre de Noël et une crèche exotique. Un repas agréable, c’était l’occasion pour les filles aînées de la maison de prouver qu’elles avaient des dons de pâtissières… c’était à qui mieux mieux pour la confection de gâteaux sans four. On avait du sable à la place. Et ça marchait plutôt pas mal… Mais bon, au bout de la deuxième ou troisième liste de noël, on comprend assez rapidement que le père Noël soit c’est une ordure, soit il n’existe pas… Au final on laisse tomber les listes. Mais les robes de Noël elles, n’ont pas bougé, la frustration et le mensonge des films et contes de Noël non plus.
Lorsque j’arrive en Europe, les fêtes de Noël riment avec débrief’ cadeaux et passage en revu des moments phares de la période de fêtes. Les lendemains de fête au lycée me donnent là aussi le cafard. La solitude de mon Noël à moi confirme la période qui me rend nostalgique. Non, cette période ci de l’année a été longtemps un temps pendant lequel je me suis sentie pas très à l’aise. Qui me donnait envie d’être partout ailleurs sauf là où je me trouvais.
Je ne pense pas m’être jamais réconciliée avec cette période ci de l’année. J’ai appris à faire avec. S’acheter un sapin et le décorer. Se prévoir un repas cool et une activité qui nous garde bien au chaud dans notre canapé où au fond de notre lit pendant au moins deux jours… depuis 2 où 3 ans je « romanise » ma vie et mes fêtes de fin d’années. J’ai déjà moins le cafard, et je passe de vrais moments de qualité avec moi.
J’en suis arrivée à enfin trouver cette période de fêtes digeste.
Alors on part dans la nouvelle année avec: La joie d’avoir pu prendre soin de soi, de s’être offert un joli cadeau, d’avoir enfin regardé ce magnifique drama sur Netflix et surtout n’avoir rien fait d’autre que manger et dormir. Cette version ci de Noël me plait.
Alors pour ceux qui comme moi ont longtemps eut un doute sur l’utilité de toute cette bonne humeur ambiante (factice peut-être?) en cette période ci de l’année. Je suis heureuse de vous dire que le cafard ça se soigne. En ne s’imposant rien et on fait uniquement des choses qui nous sont agréables.
En espérant que cette année se termine de la manière la plus agréable qui soit. Bonne et heureuse année 2025.
Shingui
