
Ce portrait représente une jeune femme originaire d’une tribu du haut Zaïre. Une région située dans la vallée de l’Uélé. Les mangbetous sont des grands noirs aux origines nilo soudanaises qui s’unissent aux bantous et aux pygmées Mbuti. Ainsi nait le royaume Mangbetou qui a pour fondateur Nambiembali. Les pygmées Mbuti font partie du groupe ethnique aka. Les pygmées sont des hommes de petites tailles qui vivent dans les abords de la foret et ont pour moyen de subsistance la chasse et la cueillette
La particularité Mangbetou est la forme allongée de leur crane. Cette forme allongée s’obtient en pratiquant le lipombo. Dès les premiers mois du nouveau né, le crane de l’enfant est compressé dans une étoffe et du fil de rafia pendant 1 an jusqu’à prendre sa forme définitive. Il est important de noter qu’en plus de les rendre beaux, allonger le crane d’un enfant est selon leurs croyances, c’est l’occasion de donner un coup de pouce au destin et de faire de l’enfant, un individu plus intelligent. Les femmes quant à elles, portent des vêtements avec lesquels il est possible de deviner leurs classes sociales en fonction du nombre d’épingles présents dans leurs coiffes.
Les origines de la découverte de l’ethnie les plus souvent mentionnées sont celles de l’explorateur et anthropologue Weinfurth, et date de 1870. Le royaume mangbetou vit ses derniers jours à l’arrivée du colon belge.
Ils vivent, comme tout le zaire, la colonisation entre 1885-1908. Le roi Albert II, avait parait-il, un besoin urgent de « posséder » une colonie. Le Zaire qui lui sera offert et deviendra, sa propriété personnelle. Les belges ne sont pas des tendres avec leurs administrés. Les ressources sont exploitées et les mains coupées pour les travailleurs les plus indolents, ce, dès 1896. L’exploitation du caoutchouc exigeait que les villageois rapportent à leurs administrateurs, une certaine quantité de marchandise. Si celle-ci n’était pas satisfaisante, une main était coupée sans autre forme de procès. La seconde main était coupée de la même manière si l’incident venait à se répéter. Et pour la petite histoire, les chocolatiers Anversois vendent encore les petites mains coupées en chocolats.
C’est un rappel qui dit leur fierté du passé impérial Belge.
Parler du vêtement Mangbetou me semble être l’évidence même. Le vêtement est similaire à celui de beaucoup d’habitants de nos forets. Il est confectionné à base d’écorces d’arbres. Les écorces d’arbres les plus utilisés sont ceux de la famille des morceas (ficus). Une incision est pratiquée dans l’écorce, celle-ci est battue jusqu’à être séparée de l’arbre, c’est le liber. Trempé dans de l’eau pendant quelques jours, tapé de nouveau jusqu’à la convenance de l’artisan. Plus l’écorce est tapée, plus l’étoffe sera souple. Une fois le travail accompli, les femmes et les artistes peuvent orner, dessiner sur le pagne et en faire des nebkwes cache sexe faits avec des feuilles de banane. Les motifs sont variés, les significations de ceux-ci sont aussi divers que les scènes de la vie quotidienne.
La culture Mangbetou est de plus en plus appréciée et reconnue dans le monde. Il est important de préciser que l’ethnie est très douée pour l’artisanat. Ils sont connus pour leurs harpes et leurs sculptures d’excellentes qualités. Ce talent pour l’artisanat traditionnel leur vaut une reconnaissance à l’international. Nous pouvons parler ici de la reine Ramonda, du Wakanda. Un marvel qui s’est largement inspiré des coiffes Mangbetou comme accessoire pour rehaussé l’attirail de leur reine. Autre reine qui a su éveiller la curiosité du grand public sur cette tribu qui mérite d’être connue, c’est la queen Beyoncé avec l’album lemonade…
Shingui
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