
En ce jour du 21 Juin, Paris, la France est en fête. Nous célébrons la musique. La fête de la musique pour nous c’est la joie, la diversité et les apéros… C’est surtout la découverte de nouveaux talents musiciens.
Nous ici nous avons choisi de décrypter le coté musical de Jean Michel BASQUIAT. En encadré au dessus de ce texte, un Basquiat définit par le signe ADINKRA de la créativité ; Osidan. L’oeuvre de Basquiat et son parcours sont en soi, sources inépuisables d’inspiration pour des générations entières d’amoureux des arts. Mais comment raconter Basquiat et son œuvre ? Comment devient-il BASQUIAT? Je m’autorise à penser que cela est possible en 3 temps. D’abord avec Samo et le graffiti. Il a conquis les murs de la ville de New York et ses punchlines iconiques deviennent marque « déposée ». Avec Gray, il réinvente l’idée de la musique qui devient expérimentale et poétique, enfin, la consécration de l’artiste peintre au sein d’un milieu culturel New yorkais très élitiste. Et pour justifier la couronne, est-il nécessaire de rappeler que Basquiat est noir, n’est pas diplômé d’une école d’art et pourtant impose un style totalement inconnu et avant gardiste. Alors, le graffiti, la peinture, l’écriture et la musique… parce qu’avec Basquiat on écoute aussi la toile. Les références « ear » et « orejo » (untitled – Pecho orejo 1982-1983) nous le chuchote… Enfin, enfin, il est tout de même très très jeune quand il devient célèbre .
Alors oui, Osidan pour Basquiat…
Alors, qui est BASQUIAT ? Il est né le 22 décembre 1960 à l’hôpital de Brooklyn de père Haïtien et de mère portoricaine. Gerard Basquiat fuit le régime Duvallier dont l’arrivée au pouvoir cause l’assassinat de son frère. Il s’installe à New York, se forme à la gestion et rencontre Mathilde Andradas, une portoricaine. Il l’épouse et le couple s’installe dans le Brooklyn plutôt bien fréquenté ; Park slope. Le père devient chef d’entreprise et la mère a à cœur de leur apporter l ‘éducation et l’instruction qu’elle pense nécessaire à leur évolution. Elle met un accent particulier à leur ouvrir l’esprit sur le monde de la culture et des arts. Basquiat est très tôt polyglotte, il lit des livres en espagnol, parle le français et l’anglais bien entendu. Avec sa mère il passe du temps dans les musées et à 6 ans est déjà l’heureux possesseur d’une carte d’adhérent du Brooklyn museum. Il est fasciné par le guernica de Picasso et donc par la peinture, déjà. Sa grand-mère maternelle Flora, peignait aussi.
A l’age de 7 ans, il est victime d’un accident de voiture et se voit dans l’obligation de garder un lit d’hôpital pendant quelques semaines. Sa mère a la bonne idée de lui offrir la bible de l’anatomie d’Henry Gray, illustré par Henry van dyke Carter : The gray’s anatomy. Cet épisode, du moins cette période marque sa créativité. Ses illustrations sur l’anatomie humaine seront, intégrées, souvent à une partie de son œuvre (Jesse 1983). En 64 et 67 naissent ses sœurs Lisane et Jeanine. La séparation de ses parents est définitive dès 1971 Dépressive, elle sera internée. Il en dit peu sur cette partie de sa vie si ce n’est les coups que recevait son père. La sensibilité de cette âme d’artiste qu’est sa maman face au pragmatisme du père, chef d’entreprise faisait des étincelles. Pour Basquiat c’est le mauvais mariage de sa mère qui l’a rendait folle. Au moment du divorce, le droit à l’éducation des enfants revient au père. C’est avec lui que grandira son amour pour la musique, c’est là qu’il héritera d’un amour inconditionnel pour le Jazz. Son père possède, il faut le préciser, une collection impressionnante de disques. Environ 3000.
Sa scolarité se fait d’abord dans une école privée catholique, sainte anne avant d’intégrer une école alternative qui met l’accent sur la créativité. C’est dans cette école qu’il rencontre Al diaz, un jeune graffeur qui vit dans les logements sociaux Jacobs Riis project. Adeux, ils devienent Samo. Ils jouent avec les mots, conçoivent une forme de langage qui mélange des mots d’anglais et d’espagnol. Le spanglish. Ainsi armés d’un langage nouveau, ils tirent sur les murs des stations de métro, des toilettes publiques, au marqueur d’abord. Ils parlent révolte et snobisme présent dans le milieu de l’art. Restent très critiques face aux imperfections du monde dans lequel nous vivons. La petitesse du marquage ne leur suffit plus, ils investissent les murs de la ville et prennent pour arme l’aérosol pour faire des murs de la ville le témoin des « les punchlines « iconiques des samo. A cette période là déjà, Basquiat fuguait souvent. Mais était toujours rattrapé par son père, jusqu’à ce jour de Juillet 1978 où il part définitivement de la maison pour Brooklyn. Son père lui donne un peu d’argent « pour la route ». Il a 18ans. Il vit la plupart du temps chez ses copines et dans la rue. Il peint, vend des cartes postales qu’il a lui-même peint et des tee shirts qu’il a lui-même customisé. En attendant, SAMO et ses punchlines ont envahi SOHO. Il éveille la curiosité, la famille du graffiti lui fait une place et il s’y plait.
Il fréquente à l’époque Jennifer Stein, se brouille avec Al Diaz, ce qui lui fait lui fait prendre un chemin autre que SAMO. Ils se séparent après une mise en scène organisée par Basquiat dans le loft de l’artiste Britanique Stan peskett. Avec Mikael Holman, il met en scène la mort de SAMO et crée le jour même son groupe musical gray SAMO is dead. Il traine au Mudd club, participe au mouvement nowave. Le groupe gray sort un seul album de toute leur carrière . Des sons très étranges que l’on accompagne de poésie avec clarinette et d’un synthétiseur. Nous pouvons préciser ici que tous les protagonistes ne savent jouer d’aucun instrument. Pensez-vous que cela les arrête ? Que nenni. Ils improvisent avec les instruments à leur disposition. Il fréquente le Mudd club, et y rencontre les graffeurs Fab5 Freddy, Keith Haring ou futura 2000. Il est DJ utilise les samples vit les prémices du Hip-hop (hep => esclave affranchi et hop sauter). Le principe est simple. Un sample, et des textes engagés de préférence. Puisque tout comme la tradition orale africaine, il faut pouvoir raconter les exploits, les défaites et les sujets qui prêtent à débat. C’est ainsi que nait le hip-hop. Raconter la rue, les injustices et les exploits du quartier, de la ville. Ce rappel aux traditions africaines sera retrouvé dans ses œuvres. (Negro period 1986, Gri gri 1986))
Le peintre Basquiat ne s’intéresse pas qu’au Hip hop qui est de toutes les façons, déjà une part entière du mouvement de la cause noire. La lutte pour les droits civiques avec Martin luther king et MalcomX, les black panthers, contribuent à faire de la musique rap une part importante du quotidien de la communauté. DJ Afrikaa bambata, James Brown, Kool DJ, Herc, Grandmasterflash. Il aime le jazz (Jazz 1986), le king zulu a effectivement une place de choix dans son oeuvre, Louis Amstrong, dans un festival, un mardi gras est couronné roi. Louis Amstrong est représenté sur cette place comme quelqu’un a une passion particulière pour Charlie Parker référencées dans ses œuvres en tant que PRKR ou encore CPR KR. Qui dit passion dit souvent obsession aussi ; ce que les que Passion qui se voit au travers de ses œuvres ( 1983 – sans titre), Miles Davis est MLSDVS (Trumpet – 1984) . La musique qu’il aime est éclectique il passe de Beethoven au zydeco style musical afro louisianais (1984 Zydeco), en passant par l’opéra (Anybody speaking words 1982).
Son obsession pour le Jazz et les chanteurs de Jazz sont inquiétantes parfois. lorsqu’il découvre que la chanteuse Billie Holliday n’a pas de sépulture, Cette idée l’obsède à tel point qu’un de ses amis lui propose, pour exorciser ces pensées, de dessiner une tombe pour la chanteuse. Nous pouvons supposer ici qu’offrir cette sépulture virtuelle a réussi à apaiser son tourment.
Le groupe gagne en popularité mais Basquiat préfère se consacrer à la peinture car « SI je dois devenir un grand artiste ce sera par la peinture ». Il rencontre Madonna au Mudd club, elle sera sa petite ami quelques mois, jusqu’à son départ vers d’autres horizons. Ell a une carrière de chanteuse à lancer. Pour la petite histoire, Au moment de leur séparation, il lui demande de lui rendre toutes les peintures qu’il lui a offert. Il avait peur parait-il, qu’elle les revende.
Il est quand même, aujourd’hui encore assez impressionnant de voir à quel point l’artiste a marqué tout une génération. Il a crée un pont entre deux cultures. D’un coté la partie roots et traditionnelle des arts africains / afro americains, et les élites blanches new yorkaises et européennes qui lui ouvrent les portent de la Dokumenta 7 à Kassel à seulement 21ans. Le monde du rap lui rend hommage en musique Kayne west, Wyclef Jean qui partage les mêmes origines que lui, Swizz Beatz fan de la première heure est l’heureux propriétaire de 6 tableaux et enfin jay z qui se passionne de la vie du jeune artiste au point de vouloir rencontrer ses compagnons de route à l’instar de Fab5 Freddy. Il paie près de 4,5 millions de dollars pour (Mecca 1982).
Pour conclure: Basquiat est perturbé par la mort de son mentor, Andy Wahrol en Février 1987. Il meurt d’une overdose le 12 Aout 1988.
La Philharmonie de Paris rend un vibrant hommage Musical à Jean Michel Basquiat jusqu’au 30 Juillet 2023


Un avis sur « BASQUIAT Aimait la musique »