LE SPORT : ORIGINES ET TRAVERS

Harry Edwards NEA ONNIM « Celui qui ne sait pas, peut svoir en apprenant. »

Après les JO, on pourrait se dire: Eh, faisons une pause, oublions le sport et écrivons sur le makossa* par exemple. C’est vrai, on pourrait … Mais bon, c’est le sport.

Les sports tels que nous les connaissons aujourd’hui prennent racine dans l’antiquité. Dans les sociétés antiques la pratique du sport est liée à des entrainements militaires. Les premiers rassemblements sportifs Egyptiens, grecs ou romains se tiennent dans le but de mesurer les performances des athlètes les plus accomplis. Leur récompense? les honneurs. Les fleurs de lauriers, la prodada*, de l’argent et enfin, pour quelques rares privilégiés un statut de demi-Dieu dans la discipline exercée. Les exploits des pharaons étaient, parait il quelque peu exagérés. Le but étant de les maintenir dans un rayonnement qui les fait demi-dieux aux yeux d’un peuple qi les vénère. Avec ce texte, nous en apprenons un peu plus sur les origines des sports. Du moins certains d’entre eux. Nous en savons plus que d’autres sur les origine d’un sport populaire, le football. Nous ne pouvions terminer cet article sans parler des origines du sport politique. Comment les américains en viennent à faire du sport une tribune internationale pour la lutte contre les discriminations.

Pour commencer, une ligne pour la culture G. En vieux français le sport se dit desport. Le mot est tiré du latin “Deportare” ce qui signifie, porter loin. 

Dans l’Egypte antique, le sport entrait dans un ensemble dont le but était d’élever l’Être, ici, les hommes apprenaient la vie, à composer les uns avec les autres. Le but étant, à terme, une parfaite maîtrise du corps et de l’esprit. La connaissance des pratiques sportives de l’Egypte antique est tirée de trois différentes sources.  Déchiffrés en 1822, les hiéroglyphes apportent une lecture nouvelle de la vie des Egyptiens de l’antiquité. A cette date peu d’Égyptologues étaient capables de les interpréter. Les chambres funéraires de Beni Hassan par exemple, nous apportent les informations sur les exploits sportifs des nobles de la XIIème dynastie. D’autres représentations de ce qui a été interprété comme étant  une activité sportive figurent dans les tombes de Ptahhotep ou la tombe de Khnoumhotep II. En deuxième type de source, on a, le matériel trouvé dans les tombes. Arcs flèches, jeux de quilles, ballons, chars… Et enfin, les sources iconographiques sculptures, peintures etc….  Bref, vous cite ici quelques exemples de disciplines déjà présentes en Afrique: la lutte, l’escrime, le hockey sur gazon, le tir à l’arc, le bowling (Interprété comme tel à cause d’un jeu de 9 quilles et 3 boules découvertes par sir Finder Petrie, un égyptologue anglais, dans la tombe d’un enfant). Les jeux d’échecs, le javelot, la natation un sport qui se pratiquait déjà dans des bassins et des piscines, la course à pied, la boxe etc….  

C’est sans étonnement que nous retrouvons des disciplines similaires aux jeux helléniques. Les papyrus qui en parlent ont été conservés en Egypte.  Les agones font l’unanimité en Grèce et se déroulent tous les quatre ans à Delphes pour Apollon, et à Olympie pour Zeus. Tous les deux ans, les jeux célèbrent Poseidon à Isthme et Zeus à Némée. Il me semble opportun de préciser que les femmes elles aussi avaient droit à leurs agones. Les jeux héréens en l’honneur de la déesse Hera, épouse de Zeus, ont lieu deux semaines après Olympie. Elles s’affrontent aussi pour le prestige et les honneurs. Ce sont là aussi les premières épreuves “internationales” que connaissent les hommes et les femmes à cette époque. De Coubertin, quelques deux mille années plus tard entend remettre au goût du jour, l’amour du sport pour un équilibre entre le corps et l’esprit; pour le plaisir de se mesurer à ses pairs dont les origines sont diverses. Comme chez les anciens on prône, la paix et l’amitié entre les peuples. Les femmes ne sont pas oubliées, puisque Alice Milliat* après avoir négocié sec avec de Coubertin réussit à organiser les premiers JO féminins en 1922. C’est un énorme succès. De belles performances pour les femmes avec 10 records du monde. En 1924, les femmes sont, à titre symbolique autorisées à participer aux Jeux Olympiques où elles obtiennent au vu de leurs performances en 1922, quelques places. Ce n’est qu’aux JO de Paris 2024, que la parité hommes-femmes est atteinte.                                                                                                                                                                                                 

 Nous pouvons en conclure que l’homme moderne en matière de jeux ou de sport n’a quasiment rien inventé. Avec la victoire du PSG, je me suis dit qu’il serait sympa de parler un peu des jeux de balles. Il va sans dire que les jeux de balles existaient bel et bien dans l’antiquité. Les peintures de Beni Hassan montrent bien des femmes se lançant la balle. En Grèce la princesse Nausicae y joue avec ses amies et enfin, les mosaïques d’Ostie, La ville de Rome II ème siècle, présentent une image qui laisse supposer que la balle avait déjà la taille du ballon de foot de notre époque, la coupe représentée sur la mosaïque ressemble beaucoup à un trophée de coupe du monde pour que l’on ignore qu’un jeu ressemblant d’un peu trop près à notre foot d’aujourd’hui était déjà pratiqué chez les romains. Bon ok, j’exagère un peu, puisque les règles du foot ne sont établies qu’en 1870 Je modère mon propos. Le matériel du moins est très ressemblant. Entre 120 et 130. 

LE FOOTBALL ET L’EMPIRE BRITANNIQUE 

Les origines… 

Le football déchaîne les passions de nos jours et pourtant, on n’en connaît pas vraiment les origines.  Ce que l’on sait, c’est que sa forme actuelle nous vient d’Angleterre. Cela ne veut pas dire que le jeu de ballons avec les pieds n’a jamais existé. Le football a ainsi, quelques ancêtres dans le monde. Les français l’on a appelé soule. Activité pratiquée entre les normands et les bretons une fois par an. Pour le italien ce sera Calcio fiorentino toujours pratiqué en Italie,  Les aztèques et les mayas quant à eux, jouaient leur vie. Les règles du jeu diffèrent quelque peu puisque les pieds ne sont pas autorisés mais les épaules, les hanches et les fesses. Munis d’une balle en caoutchouc, ils devaient la faire passer entre des anneaux plantés aux extrémités du terrain. Les perdants se devaient de mourir pour les Dieux. Mais précisons quand même que les protagonistes étaient désignés avant le début du jeu. Personne n’était pris par surprise. Bref, tous ces ancêtres du foot d’aujourd’hui étaient très violents. Chanceux que nous sommes, voilà les anglais qui nous font connaître la version du foot qui nous rassemble par milliers dans les stades et devant nos petits écrans. Le premier club de foot naît en 1857 et c’est le sheffield football club. 

L’empire britannique est connu pour faire de l’activité physique un moyen d’éducation tout aussi pertinent que les matières telles la science ou l’orthographe. On éduque l’esprit dans un corps sain. C’est d’ailleurs dans un collège britannique que de Coubertin retrouve la flamme olympique… C’est là qu’il trouve l’inspiration qui le mène à remettre sur pieds les JO. Bref, les britanniques aiment le sport et le font savoir dans toutes leurs colonies. Ils emmènent le football en Inde, en Afrique et même en Amérique latine. Les britanniques ont l’habitude de pratiquer beaucoup de sport une fois arrivés dans une colonie. Ils construisent en général un terrain de sport à proximité de leur lieu de résidence.  Ils s’y entraînent et pour se rapprocher des locaux, leur apprennent les règles dudit jeu. Lorsque les anglais initient les africains au football, ce sont d’abord les nantis qui en profitent. Puisque, encore une fois, il fallait entretenir le corps avec autant de zèle que l’esprit. Les écoles étaient donc les premiers territoires à expérimenter la joie du football. Au Nigéria par exemple le King’s college, le Eton du pays adopte le football dès 1906. 

Le football… moyen d’intégration

La popularité grandissante du football en fait un régulateur dans les relations entre colons et locaux. Le football a un rôle pacificateur. Dans certains pays, c’est le seul moyen pour les missionnaires d’établir un contact avec les locaux adultes et non scolarisés. Beaucoup jouaient sans chaussures d’ailleurs. Les équipes mixtes, locales et occidentales vont au fil du temps disparaître pour laisser place à des équipes non mixte ; locales ou occidentales. Dans les pays musulmans, cette séparation donne naissance à des clubs dont le but est aussi de défendre les valeurs de la morale islamique. En Algérie, il s’en crée quatre entre 1918 et 1924. Cette ségrégation apporte au football un élément essentiel. Le dribble. En Amérique du sud, lorsqu’une équipe préservé pour un match sa mixité, les joueurs locaux dribblaient les joueurs occidentaux pour éviter de les toucher. Le légendaire dribble sud américain naît de l’interdiction tacite de ne jouer qu’entre locaux. Comme quoi… la résilience du peuple face à l’oppresseur est connue pour ne pas toujours apporter les résultats que l’on espère. Les noirs américains peuvent en témoigner. Face à l’oppression, ils donnent naissance à des légendes. Face à l’oppression, certains se brisent, d’autres transcendent la haine pour en faire des succès légendaires. Tommie Smith, John Carlos et Mexico 1968.

Les Etats Unis, le sport et la ségrégation raciale

Lorsque Jesse Owens, démontrent à Hitler que la race Aryenne n’est pas géniale au point de battre un athlète tel que lui, il offre, pour la première fois à l’international, une vitrine à l’athlète noir américain que le monde ne connait pas encore. On est en 1936. Lorsque 30 ans plus tard, Tommie smith lève son poing recouvert d’un gant noir à Mexico, sur sa médaille Olympique, il sait que là, il met en jeu sa carrière et son avenir d’athlète. Mais il sait aussi que, sans le regard des millions de téléspectateurs derrière leur petits écrans, sur ce poing levé, les difficultés rencontrées par les athlètes noirs sur le sol américain ne seront pas entendues avec le même force. Le monde là aussi découvre que les Etats unis d’Amérique à des problèmes à résoudre sur son territoire. Le monde une fois de plus  s’interroge, les blacks panthers qui eux demandait le boycott des jeux, ne peut qu’exulté. L’objectif est tout de même atteint.  Porter aux yeux du monde, une injustice qui portent atteinte aux droits fondamentaux d’un individu. Ce geste porte un éclairage nouveau sur la situation des noirs américains sur le territoire américain.

Avant d’en arriver là. Il serait peut-être utile de comprendre le mécanisme par lequel cette révolution prend place. Avant Jesse Owens, les compétitions internationales ne recevaient pas d’athlètes noirs suffisamment connus pour susciter l’engouement que l’on connaît. Je vais le dire autrement. Les médias, les journaux en l’occurrence, relayaient peu l’information. De toutes les façons, la télévision nait en 1928 à Londres, en France en 1935, et dans les foyers français en 1957, 50% en sont équipés. C’est sans doute pour cette raison que le triomphe d’Owens en 1936 donne une toute autre dimension au sport afro-americain. Il fait naître espoir et inspiration chez de nombreux jeunes qui, voient s’élargir leurs champs des possibles. Owens qui lui a connu les champs de coton dans sa jeunesse. Explique après sa victoire, le bonheur que c’était d’avoir pu s’entraîner, malgré la ségrégation d’avoir pu, grâce à l’athlétisme améliorer son statut social. Issus de cette génération nous avons Joe LOUIS le boxeur, Jackie ROBINSON le premier noir à intégrer la ligue professionnelle de Baseball (1947). Ces trois athlètes ne luttent pas contre le pouvoir en place. Ils s’en accommodent. Non pas parce qu’ils leur convient, mais après l’esclavage, il ne leur est pas laissé le choix que de faire avec ce qui est. Mais des voix s’élèvent toujours un peu plus fort, portant un peu plus haut. La musique qui est un vecteurs de communication important, où les noirs américains tiennent une place importante se charge déjà, de faire comprendre au monde que ce système là ne peut perdurer. Les artistes tels Jimmy Hendrix le chante au festival de Woodstock ou encore le chanteur de blues, JB LENOIR dans Alabama blues : “Je n’irai plus jamais en Alabama / Ce n’est pas un endroit pour moi / Ils ont tué ma soeur et mon frère / Et le monde entier laisse ces gens-là en liberté”. Ce qui fait la différence entre cette génération et celle des soixante huitard américain; C’est d’abord la présence de leaders charismatiques, Malcolm X, Martin Luther KING et les membres du black panther. Environ cent ans après l’abolition de l’esclavage (18 Décembre 1865) les noirs continuent de subir ce qui a, semble t-il, été pour les anciens esclavagistes, une suite logique de l’abolition: la ségrégation raciale, lois Jim Crow née dans le sud des Etats-unis en 1877. Les noirs cependant, ne l’entendent pas de cette oreille, ils veulent plus de droits. Ils veulent le droit d’élire des représentants qui leur ressemble et qui défendent leurs droits. Ils prônent la lutte pacifique, ils marchent avec le révérend Martin Luther King vers Washington. L’assassinat MalcomX jette de l’huile sur le feu, les black panthers vont préférer la violence et les armes. A cette période ci de l’histoire, devenir un athlète performant capable gagner ses compétions face aux blancs, il était important de comprendre et d’intégrer 3 critères importants. 1- Il doit s’affirmer par ses performances et sa domination physique. 2- Le sport est sacré et doit échapper à toutes influences politiques, 3- Le sport permet de s’élever dans la société.

1- Tommy smith 2- Peter Norman 3-John Carlos

La lutte pour les droits civiques mobilise toute la communauté à l’intérieur et interpelle à l’extérieur du pays. Le monde sait, mais le monde regarde. Si ce n’est par cette jeune génération qui a de plus en plus accès au savoir. Et le savoir se cache dans les universités, les universités qui ont des athlètes qui font leur renommée. Sur le papier c’est une relation idyllique. C’est du gagnant gagnant. Les entraineurs et propriétaires semblent l’avoir compris. Puisque gagner rapporte de l’argent, qu’importe si le joueur est blanc, mexicain ou noir, l’essentiel c’est le bénéfice que cela apporte de l’avoir dans l’équipe, l’athlète qui gagne. Mais ça, c’est sur le papier seulement. Les athlètes noirs sont encore écartés de certains postes. Ils ne seraient pas assez médiatisés à ces endroits là. Hmmmmm……. Parce que dans la réalité, les inégalités persistent. Lutter et alerter afin de rendre le système plus égalitaire est une mission dont l’importance n’est plus à démontrer. Dans un état ségrégationniste, cette lutte là s’invite sur les bancs des universités. Les étudiants en butte à la discrimination, s’intéresse à leur histoire les cours d « African american studies » sont plébiscités. Les études et les cours leur permettent de comprendre la lutte contre les discriminations et leurs conditions d’athlètes. Lorsque les athlètes noirs obtiennent des bourses, c’est parce leurs performances sportives sont excellentes. Il y a un hic cependant… Cette génération d’athlètes n’aime pas l’usage qui est fait de leur personne dans les universités américaines. En effet, lorsqu’ils intègrent une université, ils offrent à celle-ci d’excellents résultats sportifs, elle gagne en argent et en notoriété. Eux cependant, si à la sortie ils n’ont pas rattrapé leur retard académique, l’université ne leur délivre pas leur diplôme et ils sont hors circuit. Les athlètes se font exploiter et tous le savent. Les professeurs noirs des universités le savent aussi. Les professeurs de l’université de San José aussi le savent. Un en particulier connaît plutôt bien le phénomène puisqu’il a été lui-même athlète avant de devenir professeur d’université. Il choisit de devenir sociologue et enseigne les “African studies”. L’université de sans José est fréquentée par Lee Evans, Tommy Smith et John Carlos. Ils sont tous inscrits aux cours de Harry Edwards le professeur de sociologie. 

Shingui

Makossa : Danse traditionnelle du peuple Douala Cameroun

Alice Milliat Rameuse, elle pratique de l’aviron et est féministe. Elle souhaite voir les femmes évoluer dans le sport de haut niveau. Initiatrice des Jeux Olympiques au féminin, elle fonde la Fédération des sociétés féminines sportives de France ( FSFSF) en 1917 et le Fédération sportive féminine internationale (FSFI) en 1921.

Publié par Shingui

J'ai souvent tendance çà dire : "C'est la mélanine qui me fait artiste".. Pourquoi? Eh bien.. Tout simplement parce que l'envie de raconter me raconter en peinture était grande. Mes racines sont la base de notre travail. Tant sur le plan des œuvres qui accompagnent les articles, que celui des sujets discutés dans mes articles. Faire des savoirs ancestraux un outil destiné à nous faire comprendre et connaitre notre histoire, mais aussi créer des passerelles entre les cultures autres afin que notre histoire, racontée par nous, soit connue de tous. Une ouverture d'esprit indispensable pour comprendre le monde d'aujourd'hui et construire celui de demain. Pour cela, je m'accompagne de jeunes artistes, de tous horizons. J'espère ici rendre l'art afro contemporain accessible pour tous. Achetez ici https://shinguifoumakoundi.sumupstore.com

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