Louis Armstrong, père du Jazz et cheval de troie

Louis Armstrong


Cet article devait paraître il y a quelques mois. Il devait parler de la musique noire en général. On fait une pause et ja raconte un peu ce qu’est pour moi la black musique ; la musique masterisée par les noirs. De la création à ce jour ? oui, on peut la définir comme cela.  C’est la musique que s’approprie la communauté noire et la pratique comme étant partie intégrante de notre art, nos origines, l’Afrique, les plantations pour ceux qui ont traversés les océans et les révoltes. Bref, tout ce qui nous raconte en musique. Un exemple assez parlant, Beethoven. Les noirs dans les années 1960, se sont appropriés le personnage pour se l’imprimer sur des tee-shirts. Le personnage avait semble-t-il, a des traits qui ressemblent bien trop à ceux d’un africain. Je suis certaine que si l’occident n’en avait pas fait le patrimoine culturel de l’Europe, on aurait pu faire de la musique de beethoven un héritage de la « black music ». Le funk, le disco, le break dance et le hip-hop aujourd’hui, en auraient fait un ancêtre tendance. Et la nouvelle génération de « musiciens classique » se seraient fait un plaisir de le citer. Il devrait peut-être y avoir quelque part un traçage de la vie de notre artiste qui nous indique avec certitude si ces origines sont bien d’ Afrique ? D’après radio classique, elles seraient maures… Jacques Barsamian, l’auteur du livre où je tire quelques unes de mes références pour cet article, pense que c’est peut-être une mauvaise blague…. Alors radio classique IA? Je dois le dire, je préfère les livres. Avec l’intelligence artificielle, les références trouvées sur internet ne sont plus ce qu’elles étaient. Quel dommage, un si formidable outil utile pour comparer diverses sources. Je vous cite cependant l’hypothèse sur les origines de Beethoven, de l’auteur de l’article de Radio classique Béatrice MOUEDINE « Le sang supposé « maure » du compositeur allemand serait issu, selon les sources, de la branche maternelle ou paternelle de la famille. Une famille dont les origines sont néerlandaises, alors que les Pays-Bas ont longtemps été occupés par le royaume d’Espagne, jusqu’au 17ème siècle. Certains évoquent la possibilité que la mère de Ludwig van Beethoven, Maria Magdalena Keverich, puisse avoir des racines africaines, étant née dans une zone contrôlée par les Maures. D’autres s’appuient sur des témoignages décrivant Beethoven comme ayant un teint basané, et un nez large un peu plat. »

Lüdwig Van Beethoven

La black musique c’est aussi les plantations. A leur arrivée dans les plantations, les esclaves venus d’Afrique ne devaient communiquer entre eux. Les instruments de musique, surtout les tam-tams ont été tout de suite, immédiatement banni des plantations. Ceci pour enterrer un moyen de communication potentiel, et ainsi, empêcher d’éventuelles révoltes. Cette interdiction permet aussi de gommer le plus d’indication possible sur les origines des uns et des autres. Les esclavagistes remplacent leurs tamtams par des instruments de blancs. Du moins, pour les esclaves de maisons sont formés pour les entretenir. Jouer pour eux lors des bals. Les noirs insufflent les rythmes venus d’Afrique à la musique de salons Blancs, ce qui donnent naissance à ces rythmes que l’on connait aujourd’hui. Le blues, le rock, plus ou moins, le Jazz etc….

En attendant, ici nous parlerons du Jazz. Né chez les créoles de la nouvelle Orléans. Il ferait référence à un acte sexuel. Il est joué souvent dans les bordels puisque c’est là que Billie Halliday en tombe raide dingue. Le jazz est popularisé en Europe à l’ente deux guerres et ici, je parle dans ce texte d’une légende, Louis Armstrong, aka Stachmo.  

Kid Ory

Qui est ARMSTRONG?

Il est né à la Nouvelle Orléans 4 Août 1901, Elevé par sa mère et sa grand-mère. C’est en centre de détention pour adolescents difficiles qu’il découvre la musique. Il y est enfermé parce qu’il tiré en l’air un jour du nouvel an. C’est en 1912. Au centre, le directeur de l’établissement, le waif’s home, lui donne l’autorisation de jouer dans l’orchestre du centre. Il commence par le tambourin, suivent divers instruments pour au final adopté le cornet.  C’est à sa sortie qu’il se met à jouer dans les cabarets de Storyville. Il rencontre son idole Kid ORY, se fait embaucher dans son orchestre en 1918. Il enregistre ses premiers disques en 1923 après avoir rejoint Oliver au Lincoln Garden de Chicago. C’est pendant sa période newyorkaise, qu’il côtoie les grandes du blues. Il accompagne des artistes telles Ma Rainey, surnommée la mère du blues, Trixie Smith, Clara Smith. En 1925, il enregistre avec Bessie Smith Saint Louis blues. Il devient en 1926, le plus grand trompettiste du monde. Le cinéma lui fait aussi les yeux doux. Il tourne deux courts métrages, Rhapsody in black and blue et I’ll be glad when you are dead you rascal you aux côtés de Betty Boop.  Il joue en 1932 au Palladium à Londres et en 1934, à la salle Pleyel. Il est vedette au Carnaval de Nice en 1948 et roi des Zoulous pour le mardi gras de la nouvelle Orléans en 1949. Vers la fin des années 1950 il est tous les ans en Europe. Il joue aussi en Asie, Amérique du sud en passant par l’Afrique.

Armstrong et l’Afrique postcoloniale

Ici le sujet qui m’a le plus intrigué. C’est Armstrong en Afrique. Selon certaines sources il aurait visité 45 pays, selon d’autres 27. Ce qui est étonnant c’est non seulement le nombre, mais aussi l’époque. Les longs voyages, c’est fastidieux. Même pour une légende qui dit peut-être son amour pour ses ancêtres. Nous devons tout de même préciser que son premier voyage sur le continent le mène au Ghana. C’est en 1956. Là il joue avec ET Mensah, et devant Kwamé Nkrumah. Il aurait parait-il entraperçu dans le public, une dame qui ressemblait étrangement à sa mère décédée Mayann. Il développe à ce moment-là, la certitude que la Ghana est sa terre d’origine.  

Ghana 1956 Kwame Nkrumah

Alors quand il y retourne pour une tournée, personne n’est réellement étonné. Ses sponsors : Le gouvernement américain et pepsi cola. Tout ça c’est bien sur le papier. Sauf que récemment une chercheuse en histoire à l’université de Londres, le DR Susan WILLIAMS, dont les sujets de recherche portent sur l’impact de l’impérialisme et le néocolonialisme sur le continent africain au 20 et 21 eme siècle s’interroge sur la présence de la CIA dans les pays Africain juste après la colonisation. C’est elle qui, grâce à ses archives interroge sur la présence d’un agent de la CIA pendant toute la tournée d’Armstrong en Afrique. Larry Devli.  Ils se font passer, son épouse et lui pour un faux couple de diplomates. C’est donc avec le faux diplomate qu’il dine à quelques kilomètres de la résidence de Lumumba dans le Katanga. Précisons qu’à cette époque, il est déjà assigné à résidence par les soldats de Mobutu.  

Ce qu’il est nécessaire de comprendre ici : Mobutu est sous la protection de la CIA.  L’Afrique vient de se libérer des puissances coloniales et les états sont libres. Trop libres selon les Américains. Qui ont peur de voir toutes ces richesses atterrir chez les Russes.

N’ayant pas pu trouver, pour le moment plus d’informations que celles-ci, j’ai une seule certitude : Lumumba se fait assassiner deux mois après le départ d’Armstrong.  Et nous on a du mal à croire à ce type de coÏncidences.  D’autant plus qu’il enregistre en 1962, The real ambassadors pour bien dire aux faux diplomates, qu’il n’a pas été dupe de leur petit manège. Il a été leur couverture, il le sait, il le dit au monde en le chantant joliment s’il vous plait.  Il s’éteint une dizaine d’années plus tard. Le 06 Juillet  1971 à New York.

Ses tubes les plus connus par ici, « C’est si bon » reprise par une marque bien connue et « la vie en rose ».  Une place du quartier de la salpêtrière dans le 13eme arrondissement de Paris porte son nom depuis 1998.

SHINGUI

Publié par Shingui

J'ai souvent tendance çà dire : "C'est la mélanine qui me fait artiste".. Pourquoi? Eh bien.. Tout simplement parce que l'envie de raconter me raconter en peinture était grande. Mes racines sont la base de notre travail. Tant sur le plan des œuvres qui accompagnent les articles, que celui des sujets discutés dans mes articles. Faire des savoirs ancestraux un outil destiné à nous faire comprendre et connaitre notre histoire, mais aussi créer des passerelles entre les cultures autres afin que notre histoire, racontée par nous, soit connue de tous. Une ouverture d'esprit indispensable pour comprendre le monde d'aujourd'hui et construire celui de demain. Pour cela, je m'accompagne de jeunes artistes, de tous horizons. J'espère ici rendre l'art afro contemporain accessible pour tous. Achetez ici https://shinguifoumakoundi.sumupstore.com

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